Un incendie volontaire visant des engins de chantier a été revendiqué dans un communiqué publié le 21 avril sur le site Indymedia Nantes, vidéo de l’action et de la localisation à l’appui. Contactée par nos soins, la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de l’Isère confirme que les faits se sont produits sur la plateforme de fret SNCF de Saint-Martin-le-Vinoux dans la nuit du 17 au 18 avril.

Dans ce texte, ses auteurs affirment avoir incendié « quatre engins neufs Caterpillar » dans la nuit du 18 avril, évoquant une action ciblée contre le groupe industriel. Il s’agit en réalité de 3 engins selon la police.

Pour les auteurs du texte les bulldozers D9, ne sont pas de simples engins de chantiers : « Ces engins sont ensuite blindés et équipées de mitraillettes par Israel. Ils servent non seulement à raser les maisons et les routes à Gaza et en Cisjordanie, mais aussi à tuer et ensevelir les cadavres des palestinien-nes et de leurs soutiens. »

Ces machines, sorties de production, étaient stockées en attente d’expédition pour un client. Le Service local de police judiciaire (SLPJ) a été saisi de l’enquête afin de déterminer les circonstances précises de cet incendie et d’identifier ses auteurs.

Un contexte de tensions militantes

Le texte veut inscrire ce geste dans une critique politique plus large, accusant l’entreprise de collaborer avec Israël en fournissant du matériel utilisé, selon eux, dans les territoires palestiniens. Le communiqué s’inscrit explicitement dans le cadre de la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Dans leur communiqué, les auteurs citent plusieurs entreprises présentes dans la région grenobloise, qu’ils associent à l’industrie de l’armement ou à des activités liées aux conflits internationaux : « Nous avons décidé de cibler Cater, mais il serait injuste de ne pas mentionner Lynred, ST Microeletronics, HP, Teledyne, ou encore Thales. Toutes ces entreprises sont présentes dans la région, et profitent au même titre que Caterpillar de la colonisation et de la guerre. Pour ces multinationales, l’argent n’a pas d’odeur : qu’importe que leur production détruise des milliers de vies, tant qu’elle permet aux actionnaires de se remplir les poches ». Ils revendiquent une action visant à « enrayer la machine de guerre », tout en évoquant d’autres mobilisations similaires à l’étranger.

Une série d’actions dans la région

Ce type de dégradations n’est pas inédit dans l’agglomération grenobloise. Depuis 2017, plusieurs incendies volontaires revendiqués par des mouvances d’ultra-gauche ont visé des bâtiments publics, des forces de l’ordre ou encore des entreprises considérées comme des symboles du capitalisme ou des nouvelles technologies. On peut citer les locaux de France Bleu Isère, d’Enedis à Seyssinet-Pariset, de la salle du conseil municipal à l’hôtel de ville de Grenoble, du pont de Brignoud, ou de deux gendarmeries. Des faits pour lesquels le Procureur de la République de Grenoble alors en poste, Eric Vaillant, avait demandé la saisie du parquet national terroriste mais sans succès. Les enquêtes liées à ces précédents faits sont toujours en cours.

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