Une belle journée d’automne. L’envie de randonner en montagne. Une sortie entre copains… Et la vie de Samuel Rinaudo s’est arrêtée. Il y a tout juste 10 ans. Fauchée par la balle d’un chasseur sur la route forestière la plus fréquentée du massif de Belledonne. Retour sur ce drame marquant et le procès qui a suivi.
Parti pour randonner en montagne
Il est 9 heures ce samedi 10 octobre 2015, Samuel et son copain Théo, tous les deux étudiants en géographie à Grenoble ont décidé de faire l’ascension de la Croix de Belledonne à 2925 mètres d’altitude. Une grosse et belle journée en montagne les attendent. Ils viennent de garer leur voiture sur le parking des 4 chemins au-dessus du hameau de Freydières et remonte le long de la route (en photo) vers le départ du sentier de randonnée situé au niveau du parking de Pré Raymond, terminus de la piste forestière carrossable.
Le chasseur visait un chevreuil…
Alors qu’ils marchent sur la route depuis environ cinq minutes, Samuel Rinaudo s’écroule, atteint par une balle au thorax. Il meurt dans les instants qui suivent malgré les premiers gestes de secours de son camarade. Le tireur s’appelle, Georges Vianney-Liaud, un chasseur de 60 ans, domicilié quelques kilomètres plus bas dans le village de Revel. Il se situait à 60 mètres à peine des deux randonneurs, en contrebas à la lisière de la forêt quand il a tiré, sur un chevreuil explique-t-il. Une balle qui a manqué sa cible et arrêté la vie d’un jeune homme de 20 ans.
De gros doutes sur le respect des règles de sécurité
Ce drame a évidemment suscité, à l’époque, une forte vague d’émotion et aussi quelques questions… Comment cet habitant de la commune connaissant parfaitement le secteur, a-t-il pu prendre le risque de tirer à proximité d’une route aussi fréquentée ? Les règles de sécurité régissant la chasse ont-elles été respectées ce jour-là ? Les chasseurs locaux se poseront moins de questions. Le 3 juin 2016, huit mois après le drame, Georges Vianney-Liaud sera réélu par les adhérents à la tête de l’association de chasse de Revel !
La plaque commémorative détruite
Lors du procès qui a eu lieu en 2019, la responsabilité du chasseur a été établie par le tribunal. Mais lui n’a jamais voulu reconnaître une erreur évoquant un improbable ricochet de la balle sur un arbre ! Malgré sa mauvaise foi, Georges Vianney-Liaud n’a été condamné qu’à trois ans de prison dont deux avec sursis et une interdiction de chasse de cinq ans. Une peine plutôt clémente au regard des conséquences de son tir imprudent ce matin-là.
Entre temps, la plaque commémorative (en photo), installée par la famille de Sébastien Rinaudo sur le lieu du drame, a été détruite. Visiblement certains n’avaient pas envie que l’on se souvienne de cet « accident ».