Après le MoDem, c’est au tour du parti Horizons de l’ancien Premier Ministre Edouard Philippe d’appeler à voter Alain Carignon pour les élections municipales à Grenoble. En tout cas, on l’a compris comme ça.
Car dans le communiqué envoyé à la presse, il n’est nulle part fait mention du nom du candidat ou de sa liste. Seule Laurence Ruffin est citée comme « un risque pour Grenoble« . Horizons réaffirme son « souhait d’alternance à Grenoble« . Comme il n’est pas trop compliqué de décrypter le message, on se demande pourquoi alors ne pas le dire plus clairement ?
Peut-être parce que le candidat Horizons à Grenoble s’est fortement opposé à Alain Carignon lors de la campagne. Hervé Gerbi avait refusé toute idée de rapprochement avec lui osant même une comparaison audacieuse dans une interview donnée au journal Le Monde : « Carignon est à la politique ce que Bertrand Cantat [condamné à huit ans de prison pour le meurtre de Marie Trintignant] est à la musique. » Une allusion aux années que l’ancien maire de Grenoble a passé en prison pour corruption et abus de biens sociaux.
Difficile donc après ce type d’échange d’appeler ouvertement à voter pour Alain Carignon. Pourtant, le positionnement politique d’Hervé Gerbi et de son parti l’incite naturellement à soutenir le camp de la droite et du centre face à une gauche alliée à La France Insoumise. D’autant que son bon score du premier tour (9,6%) peut avoir de l’influence sur le scrutin de dimanche.
Alors, on joue sur les mots pour faire passer le message. Hervé Gerbi est avocat, il maitrise à merveille les subtilités de la langue française et donnera son propre positionnement d’ici la fin de semaine. Qui sera le même que celui de son parti, ou pas…