Une semaine après l’annulation du conseil municipal suite à de violents heurts entre des élus de La France insoumise et des policiers municipaux, une nouvelle séance est programmée ce mardi 6 octobre. Le calme et la raison seront-ils de retour ?
Le mardi 29 septembre, le conseil municipal avait à peine commencé lorsque la situation a dégénéré à l’entrée de la salle. Des élus LFI, menés notamment par Allan Brunon, souhaitaient rejoindre l’hémicycle avec des keffiehs palestiniens et des inscriptions dénonçant notamment une « censure » de la maire Laurence Ruffin.
Au cœur de leur contestation : le refus de la Ville d’inscrire à l’ordre du jour une délibération visant à mettre fin au jumelage entre Grenoble et la ville israélienne de Rehovot. La préfecture avait considéré cette délibération comme irrégulière, notamment en raison de son objet relevant des relations internationales.
Intervention de la police municipale
Les policiers municipaux présents à l’entrée ont refusé l’accès aux élus insoumis, considérant leur démarche comme une manifestation incompatible avec le déroulement du conseil. Une confrontation physique s’est alors produite. Trois policiers municipaux ont été conduits à l’hôpital. Plusieurs élus LFI et une collaboratrice ont également fait état de blessures.
Face à cette situation, Laurence Ruffin avait d’abord suspendu la séance avant de décider, quelques heures plus tard, son ajournement. Aucun des dossiers inscrits à l’ordre du jour n’a donc pu être examiné.

Des plaintes déposées de part et d’autre
Depuis ce conseil municipal chaotique, la bataille politique s’est déplacée sur le terrain judiciaire. Des policiers municipaux ont déposé plainte à la suite des violences survenues devant la salle du conseil.
De leur côté, les élus LFI dénoncent également des violences qu’ils attribuent aux agents municipaux et ont annoncé des dépôts de plainte. Ils font notamment état de blessures au poignet et au bras pour leur collaboratrice, d’une entorse à la cheville pour l’élue Kenza Doukhi, d’une dent cassée pour Allan Brunon et de contusions pour Abdelnour Djebbouri.
Une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les responsabilités dans ces affrontements. Une enquête administrative doit également permettre d’éclaircir les circonstances de l’incident.
À ces plaintes s’est ajoutée celle du groupe d’opposition Réconcilier Grenoble. Ses élus ont saisi le procureur de la République le 1er octobre pour une plainte visant une « entrave au déroulement des débats du conseil municipal ». Ils accusent les élus LFI d’avoir empêché la tenue normale de la séance.

Une nouvelle séance sous haute tension
Le conseil municipal est donc reconvoqué. La question de l’accès des élus LFI pourrait rester au centre des débats. Le cadre juridique ayant conduit à leur refuser l’entrée le 29 septembre fait lui-même débat : certains élus et observateurs estiment que les dispositions du règlement intérieur ne permettaient pas nécessairement de leur interdire l’accès à la séance.
Une semaine après une journée qui a profondément marqué la vie politique grenobloise, beaucoup de regards seront donc tournés vers l’Hôtel de Ville de Grenoble, ce mardi 6 octobre à 9 heures. Les élus de droite et du centre ont appelé à un rassemblement à partir de 8 heures en soutien aux policiers blessés.
Les Insoumis n’ont pas prévu d’action particulière : « on souhaite juste faire notre travail d’élu » a prévenu Allan Brunon qui a également annoncé que les élus de son groupe continueront à porter les keffiehs palestiniens. Un symbole qui avait semé la discorde il y a une semaine. Les mêmes causes vont-elles produire les même effets ? Réponse ce mardi matin.


