Quatre jours après les violences et les pillages qui ont secoué Grenoble, une réunion publique intitulée « S’organiser pour la révolution » provoque la colère du Rassemblement national, qui réclame son annulation. La mairie va-t-elle retirer son autorisation ?

La date et le lieu ne pouvaient guère passer inaperçus. Ce mercredi 21 octobre, à 18 heures, une réunion publique intitulée « S’organiser pour la révolution » est annoncée à la Maison des associations de Grenoble, rue Berthe-de-Boissieux.

L’événement, relayé notamment par le mouvement Young Struggle (Jeune lutte), affiche deux questions au programme : « Comment lutter malgré la répression ? » et « Pourquoi et comment faire la révolution ? ».

Un rendez-vous qui peut évidemment créer des tensions, quatre jours seulement après les scènes d’émeutes, de dégradations et de pillages survenues dans le centre-ville.

Le RN réclame l’annulation

Mais au-delà de son intitulé, c’est surtout le visuel utilisé pour promouvoir cette réunion qui fait réagir. L’affiche représente un feu dans une rue, à proximité de policiers en intervention. Une image qui évoque inévitablement les affrontements du samedi 17 octobre à Grenoble.

affiche révolution

La fédération iséroise du Rassemblement national est montée au créneau. Dans un communiqué, son délégué départemental Valentin Gabriac, accompagné des élus métropolitaines Enzo Billon et Alexandre Lacroix, interpelle directement la maire de Grenoble, Laurence Ruffin.

Les représentants du RN jugent particulièrement choquant qu’une telle réunion puisse être organisée dans un bâtiment municipal, quelques jours après les violences qui ont frappé les commerçants et le centre-ville.

Une polémique dans un contexte tendu

Valentin Gabriac indique avoir saisi la préfète de l’Isère et annonce également un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale qui est beaucoup utilisé en ce moment par les élus grenoblois…

Interrogée par Le Dauphiné Libéré, la municipalité grenobloise reconnaît avoir autorisé la mise à disposition de la salle, mais assure que la demande initiale ne correspondait pas à la présentation de l’événement diffusée sur les réseaux sociaux.

Selon la Ville, la réservation concernait une assemblée de coordination entre étudiants, lycéens et représentants du monde du travail, destinée à évoquer la poursuite de la mobilisation sociale.

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Le magasin Fêt’à Fête avenue Alsace-Lorraine est parti en fumée (© Alexandre Martinez)

La mairie va-t-elle retirer son autorisation ?

La municipalité affirme également ne pas avoir eu connaissance de l’affiche controversée au moment d’accepter la réservation. Autre élément soulevé : l’association ayant réservé la salle ne serait pas celle dont le nom apparaît sur le visuel.

L’emploi du terme « révolution » ne constitue pas, à lui seul, un motif d’interdiction. Mais le contexte local, le contenu de l’événement et les conditions d’utilisation d’un équipement municipal interrogent forcément. D’autant que les élus grenoblois ont lancé un appel au calme solennel lundi.

Dans ces conditions, la mairie indique vouloir reprendre contact avec les organisateurs et se réserve la possibilité de ne pas maintenir la mise à disposition des locaux. On en saura donc plus dans les prochaines heures.