Depuis plusieurs mois, les actes d’intimidation violents visant des appartements où vivent des familles se multiplient à Grenoble. Nouvel exemple hier soir à côté de La Villeneuve. Un enfant de sept ans a été blessé.
Il était un peu plus de 22h15 lorsque les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers ont été alertés pour un incendie accompagné de détonations visant un appartement situé dans un immeuble au 34 rue des Colibris (photo), à Grenoble.
Selon les éléments confirmés ce vendredi par le procureur de la République, Étienne Manteaux, un engin incendiaire artisanal de type cocktail Molotov a été lancé au pied du logement situé en rez-de-chaussée.
Le feu n’a toutefois pas provoqué de dégâts importants. « Un cocktail Molotov qui n’a pas entraîné de dégâts significatifs », a précisé le magistrat lors d’une conférence de presse au tribunal judiciaire de Grenoble.
Plusieurs coups de feu tirés après l’incendie
Plus inquiétant encore, le ou les auteurs ont ouvert le feu à plusieurs reprises en direction de l’appartement, dont les volets étaient fermés. « Sept tirs de gros calibre 11-43 ont traversé volets et fenêtres », a indiqué le procureur. Plusieurs détonations ont été entendues par des riverains.
À l’intérieur de l’appartement se trouvait une famille de six personnes, d’origine soudanaise : un couple et leurs quatre enfants. Un garçon de sept ans a été blessé aux jambes par des éclats de munitions. Contrairement aux premières informations, son pronostic vital n’est pas engagé. L’enfant a été transporté au CHU Grenoble Alpes.
Une famille profondément choquée
Les sapeurs-pompiers ont également pris en charge les autres membres de la famille. Le père, incommodé par les fumées et les vapeurs d’essence, a été conduit à l’hôpital pour des examens de contrôle. « Il n’y a pas de blessés graves, mais ce sont des personnes qui ont évidemment été choquées », a ajouté Étienne Manteaux.
Selon le procureur, aucun élément ne permet pour l’instant de relier ce logement à un trafic. « On n’a rien retrouvé dans le domicile qui laisse à penser que c’était un appartement nourri, utilisé par des trafiquants. La motivation du passage à l’acte reste questionnante », a-t-il déclaré.
L’enquête a été confiée au service local de police judiciaire. La qualification de tentative d’homicide volontaire a été retenue, les tirs ayant visé un appartement occupé. « Si quelqu’un avait été debout, on aurait pu avoir un mort dans l’appartement », a précisé le procureur.
Des actes similaires ces derniers mois
Depuis plusieurs mois ces actes d’intimidation se multiplient à Grenoble. En octobre, la porte d’un appartement situé dans la même rue des Colobris avait été la cible de tirs en pleine nuit. Début janvier, c’est un appartement du cours de la Libération qui a été visé par des tirs et une tentative d’incendie similaires à ce qui s’est passé hier soir dans le quartier de La Villeneuve.
Le procureur a par ailleurs souligné que l’absence de vidéosurveillance dans certains secteurs complique les investigations. « L’absence de caméras à Grenoble complique évidemment les investigations », a-t-il indiqué, en rappelant que des interpellations avaient récemment été rendues possibles après des tirs survenus à Échirolles grâce à la présence de caméras.