La Ville de Grenoble dévoile un espace végétalisé de 160 emplacements dédié aux obsèques écologiques. Cette alternative sans pierre tombale répond aux nouveaux enjeux de la transition funéraire.

Au cœur du cimetière Saint-Roch, le carré 1899 propose désormais une alternative durable aux funérailles traditionnelles. Aménagé sous forme de prairie fleurie, cet espace permet d’enterrer les défunts en pleine terre afin de limiter l’impact environnemental des obsèques tout en maintenant un lieu de mémoire pour les familles.

Une charte stricte pour réduire l’empreinte écologique

Pour reposer dans ce secteur, les défunts ou leurs proches doivent souscrire à un engagement précis. Rosie Lazzarima, responsable de l’unité Affaires funéraires et cimetières de la Ville de Grenoble, précise le cadre de la démarche : « Pourquoi on parle d’inhumation naturelle ? En fait, tout en restant dans le cadre légal, on veut faire en sorte que tout soit respecté pour être le plus durable possible et le moins impactant pour les sols. »

L’accès à cet espace implique l’absence de soins de conservation et de thanatopraxie. Le choix du matériel est également réglementé. Karim Sellami, adjoint à l’Immobilier municipal et à l’état-civil, détaille les critères fixés par la municipalité : « C’est une démarche volontaire qui est proposée aux gens qui le souhaitent […], en demandant à leur opérateur funéraire de recourir à un cercueil qui soit en bois naturel non traité ou en carton, en portant des vêtements qui soient des vêtements en fibres naturelles. »

Allée ombragée dans un cimetière fleuri
© Alexandre Martinez

Des coûts réduits et des perspectives d’évolution

Sur le plan minéral, les monuments et stèles en pierre sont proscrits. Seule une petite plaque gravée permet de repérer les sépultures. Si la tarification de la concession municipale demeure inchangée (proposée sur des durées de 15, 30, 50 ans ou en perpétuel), l’absence de monument modifie l’équation financière pour les familles. « Les frais d’opérateurs funéraires seront a priori réduits puisqu’il n’y a pas de pierre tombale à financer ni à poser, » soulève Karim Sellami.

Allée ensoleillée du cimetière face aux montagnes
© Alexandre Martinez

Une première inhumation a déjà eu lieu dans ce carré réservé. Alors que 160 emplacements sont actuellement disponibles, la Ville souhaite poursuivre la réflexion sur l’évolution de la législation française et des rites funéraires. Une conférence avec des spécialistes et des universitaires est organisée le 16 novembre au Minimistan pour échanger sur les pratiques émergentes à l’international, à l’instar de l’humusation ou de l’inhumation sans cercueil.