Allan Brunon, le candidat choisi par les Insoumis pour mener la campagne des Municipales à Grenoble a présenté sa liste ce mercredi. Une liste composée de beaucoup de jeunes mais sur laquelle ne figure pas la députée grenobloise Elisa Martin.
Associée à la majorité grenobloise écologiste depuis 2014, La France Insoumise a décidé de faire cavalier seul dans cette élection municipale.Un pari risqué même si, en 2024, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête à Grenoble aux Européennes, neuf points devant les écologistes.
Une stratégie de rupture risquée
Mais sur ce scrutin municipal, la dynamique semble inversée. Si l’on se réfère au dernier sondage paru en janvier dans Le Dauphiné Libéré, Allan Brunon atteint tout juste la barre des 10% alors que Laurence Ruffin caracole en tête avec plus de 34% des intentions de vote.
Le candidat LFI assume néanmoins la stratégie de la rupture avec la majorité sortante. A l’occasion de la présentation, de sa liste, il a rappelé les axes prioritaires de sa campagne : la gratuité de la cantine, la gratuité des transports en commun pour toutes et tous, le grand plan contre le mal logement, et le droit à la révocation des élus.
Elisa Martin préfère laisser la place aux jeunes
Sur sa liste on note la présence de trois conseillers municipaux sortants : Maud Wadelec qui avait pris ses distances avec les écologistes en cours de mandat, Khadija Ezzarouali et Jérome Soldeville. Mais c’est surtout une absence qui est marquante : celle d’Elisa Martin. La députée de Grenoble avait milité pour la scission avec Eric Piolle dont elle a été la première adjointe pendant plus de huit ans. Une stratégie que d’autres cadres grenoblois du mouvement n’ont pas validé préférant soutenir la candidature écologiste portée par Laurence Ruffin.
On pouvait donc s’attendre à ce qu’Elisa Martin soit présente, même de façon symbolique, pour apporter sa notoriété et son expérience à cette liste insoumise. « Je n’ai pas vu ça comme une nécessité » nous explique-t-elle. « J’aime bien l’idée que ce soit une équipe de jeunes très représentatifs de Grenoble qui soit sur cette liste. S’il y a des anciens, ce n’est pas tout à fait pareil mais je soutiens évidemment la candidature d’Allan Brunon. »
En-dessous de 10%, LFI aura tout perdu
A moins de trois semaines du premier tour, Allan Brunon et ses colistiers ont sûrement un objectif en tête : franchir le cap des 10%, seuil au-dessus duquel une liste peut se maintenir au deuxième tour et négocier une éventuelle alliance avec la liste écologiste. On imagine que, dans le contexte actuel, Laurence Ruffin se passerait bien, elle, de ce cas de figure.