À la suite de la reconnaissance officielle de l’État palestinien par la France, lundi soir, devant l’ONU, le drapeau palestinien flotte ce mardi sur le fronton de l’hôtel de ville de Grenoble. Un geste symbolique qui suscite la controverse. La mairie avait annoncé son intention il y a quelques jours malgré les avertissements formulés par le ministère de l’Intérieur. Bruno Retailleau avait interdit ce type d’initiative en demandant aux préfets d’engager des procédures judiciaires contre les communes qui dérogeraient à la règle.
On ne sait pas trop si cette consigne émanait d’une demande directe du Président de la République. En tout cas, la préfecture de l’Isère a adressé, dès vendredi dernier, une lettre au maire de Grenoble. Dans ce courrier, la préfète, Catherine Seguin, argue que ce pavoisement contrevient « au principe de neutralité du service public » et constitue « une prise de partie dans un conflit international », une compétence qui, selon elle, revient à l’État. La préfecture a donc décidé de déposer un recours devant le tribunal administratif, afin de faire retirer le drapeau.
À l’échelle nationale, près d’une centaine de communes, souvent dirigées par des élus de gauche, ont procédé au pavoisement du drapeau palestinien. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte géopolitique particulier qui fait suite aux attentats du 7 octobre en Israël et à la guerre déclenchée, ensuite, par l’État hébreu dans la bande de Gaza. La ville de Grenoble avait déjà hissé le drapeau palestinien en juillet dernier lors de la venue en Isère d’une délégation palestinienne.