La cour d’assises de l’Isère a condamné vendredi soir Abdelhamid Lhabib à dix ans de prison pour des faits requalifiés en violences volontaires aggravées. Les jurés n’ont pas retenu l’intention homicide, au terme d’un procès marqué par de vifs débats.
Au terme d’une semaine d’audience, la cour d’assises de l’Isère a écarté vendredi la qualification de tentative de meurtre visant Abdelhamid Lhabib. Le jeune homme de 25 ans était jugé pour avoir pointé une kalachnikov sur des policiers de la brigade anticriminalité le 7 juillet 2022, en plein centre de Grenoble. Les jurés ont estimé que l’intention de tuer n’était pas démontrée et ont requalifié les faits en violences volontaires aggravées. Une décision qui a conduit à une condamnation à dix ans de prison, prononcée notamment en tenant compte de la récidive légale de l’accusé.
Un enjeu central : l’intention de faire feu
La question de l’intention homicide a dominé les débats. Pour l’accusation, le simple fait d’épauler et de viser une arme de guerre suffisait à caractériser une volonté de tuer, même en l’absence de tir. La défense a contesté cette analyse, insistant sur l’absence de preuve d’un passage à l’acte. Les avocats ont notamment souligné que l’arme n’était pas prête à tirer, faute de cartouche engagée dans la chambre, et qu’aucun élément matériel ne confirmait que la détente avait été pressée.
Des plaidoiries offensives face à des réquisitions lourdes
La veille du verdict, l’avocat général avait requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Une position vivement critiquée par la défense, qui a dénoncé une sanction disproportionnée. Les avocats d’Abdelhamid Lhabib ont multiplié les arguments techniques sur le fonctionnement de l’arme, mais aussi remis en cause certains éléments de l’enquête et des témoignages. Ils ont également évoqué le contexte global de l’affaire, marqué par la mort du conducteur du scooter lors de l’intervention policière.
Au cours des débats, la personnalité de l’accusé a également été abordée. La défense a évoqué un parcours marqué par des difficultés familiales et une entrée précoce dans la délinquance.
Un verdict en deçà des réquisitions
En retenant une qualification délictuelle plutôt que criminelle, la cour s’est clairement démarquée des réquisitions du ministère public. Elle a considéré que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir une volonté réelle de tirer sur les policiers. Cette décision réduit considérablement la peine encourue par rapport à l’accusation initiale de tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique.