Grenoble est depuis quelques jours la première ville de France à expérimenter des zones de liberté pour les chiens dans ses parcs. Ce dispositif inédit vise à concilier le bien-être animal et la tranquillité des usagers de l’espace public, dans un contexte urbain où la présence canine est désormais incontournable et peut parfois poser de gros problèmes : début juillet, au Pont-de-Claix, un bébé de 8 mois a été grièvement mordu par deux chiens laissés libres dans la rue.
Jusqu’à présent, deux types de zones coexistaient : celles interdites aux chiens (notamment près des aires de jeux) et celles où les chiens sont admis en laisse. Depuis cet été, une troisième option a vu le jour : des espaces délimités où les chiens peuvent évoluer sans laisse, sous la responsabilité de leur maître.
Un déploiement progressif en deux temps
Huit parcs sont concernés, répartis en deux phases. Depuis le 21 juillet, quatre parcs sont entrés dans l’expérimentation : Paul Mistral, Hoche, Vallier Catane et Roger Genin. À la rentrée, le dispositif s’étendra aux parcs des Champs-Élysées, Pompidou, Berges de l’Isère et Chemin de halage. En tout, près de 7 hectares seront ainsi dédiés à ces zones, l’équivalent de dix terrains de football.
Une expérimentation encadrée et accompagnée
Inspirée d’exemples étrangers, notamment à Sydney (Australie), cette démarche repose sur un équilibre entre liberté et responsabilité. Pour accompagner cette transition, des médiateurs et médiatrices de l’association Voix Publique sont présents dans les parcs au cours des premières semaines de lancement. Leur mission : informer, sensibiliser, et rappeler les règles de bonne conduite, notamment le ramassage des déjections, la surveillance des chiens et le respect du zonage.
Un enjeu de cohabitation et de santé animale
La ville souhaite répondre à plusieurs objectifs : reconnaître les besoins fondamentaux des chiens (dont la liberté de mouvement), encadrer des pratiques déjà répandues, favoriser une meilleure cohabitation entre usagers, et préserver la biodiversité en promouvant des comportements responsables. Les bénéfices attendus sont multiples : un meilleur équilibre émotionnel et comportemental des chiens, une amélioration de leur condition physique, et un lien renforcé avec leurs maîtres.
Des règles strictes pour garantir l’harmonie
Deux règles prioritaires s’imposent : ramasser systématiquement les déjections et avoir toujours au moins deux sacs sur soi. Ces obligations sont fixées par un arrêté municipal, et leur non-respect peut entraîner une amende allant jusqu’à 750 euros. La laisse reste obligatoire en dehors des zones spécifiquement autorisées, et les chiens demeurent interdits dans les aires de jeux. La police municipale assurera des contrôles réguliers et pourra verbaliser en cas d’infraction.
Un accompagnement éducatif gratuit dès fin 2025
Pour aller plus loin, Grenoble lancera à la fin de l’année un programme gratuit d’éducation canine. Des ateliers collectifs, des séances pratiques et des bilans comportementaux seront proposés par le service Condition animale, pour aider les maîtres à mieux comprendre et gérer leur compagnon.