Sur le domaine de Université Grenoble Alpes, à Saint-Martin-d’Hères, une initiative peu commune attire l’attention des étudiants et des riverains : des moutons ont remplacé, en partie, les tondeuses pour l’entretien des espaces verts. Sur près de huit hectares, ce projet de pastoralisme urbain mêle gestion écologique, activité agricole et préservation de la biodiversité.
Depuis le mois de février, 72 moutons pâturent sur plusieurs zones du campus, notamment autour certains bâtiments du campus. Leur mission : entretenir des terrains parfois difficiles d’accès pour les engins mécaniques.
L’université met en avant une alternative durable, permettant de limiter le fauchage traditionnel et de réduire l’utilisation d’équipements au bilan environnemental jugé négatif. Ce mode d’entretien favoriserait également le développement de la biodiversité sur le site.
Un troupeau qui pourrait atteindre 300 bêtes
Le projet est mené par le berger et éleveur Tomas Bustarret, qui conduit un troupeau composé de quatre races rustiques locales. À terme, l’objectif affiché est d’atteindre jusqu’à 300 bêtes, dans le cadre d’une convention expérimentale avec l’université.
Le troupeau se déplace régulièrement, changeant de parcelle tous les quatre à cinq jours. En plus de l’herbe, les moutons broutent également le lierre et contribuent, de manière inattendue, à révéler la présence de déchets plastiques dans les sols, ensuite collectés par les équipes d’entretien.
Deux patous montent la garde
Au printemps, des naissances sont attendues avant une transhumance à pied vers le pâturage de Jean Collet. Le troupeau est surveillé par deux chiens de protection, Hermès et Tartuffe, dont la présence impose aux passants de garder leurs distances.
Le modèle repose sur une logique dite "gagnant-gagnant" : l’université met à disposition ses terrains, tandis que l’éleveur y développe son activité sans rémunération directe, hormis l’accès à l’eau pour les animaux.
Une expérimentation appelée à durer
Dans un contexte de raréfaction des terres agricoles autour de Grenoble, cette initiative pourrait s’inscrire dans la durée. Le troupeau, encore jeune, est appelé à se développer progressivement.
Au-delà de ses bénéfices écologiques, le dispositif présente aussi un intérêt économique. Selon les estimations avancées, cette cogestion des espaces verts pourrait permettre d’économiser plusieurs milliers d’euros sur leur entretien.
Autre particularité : les moutons vivent en permanence en extérieur, sans bergerie. Certaines brebis, à l’image de "Blanche-Neige", sont même devenues de véritables figures familières du campus, contribuant à rapprocher un peu plus nature et vie universitaire.
🎥 Une opération similaire est menée depuis quelques années dans les parcs de la ville de Grenoble