La Ville de Grenoble se jette dans le grand bain pour réaliser la promesse de campagne qui avait fait le plus parler dans le programme de Laurence Ruffin : se baigner dans l’Isère. Une expérimentation très attendue. Prévue ce dimanche 30 août, elle est finalement reportée au samedi 12 septembre.

C’est une première qui pourrait marquer une nouvelle étape dans le rapport entre Grenoble et sa rivière. Ce dimanche, la municipalité devait organiser une baignade dérivante dans l’Isère. Une expérimentation qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à une véritable politique de baignade dans la rivière : « L’idée est de confronter plus d’un an d’études à la réalité » explique Gille Namur, adjoint à la nature en ville.

L’événement était prévu sous réserve de conditions météorologiques favorables. « On a la même approche que pour une sortie en montagne » poursuit l’élu. « On regarde les conditions avant de partir et si elles ne sont pas bonnes, on annule. » Et les conditions n’étant pas réunies ce vendredi la décision d’annuler a été prise. Un nouveau rendez-vous est fixé au 12 septembre.

Une eau à seulement 17 degrés

La baignade sera ouverte à tous à partir de 8 ans. Il faut évidemment savoir nager et, pour les plus frileux, une combinaison est recommandée car la température de l’eau culmine à 17 °C. « L’Isère est alimentée par les glaciers donc même en période de canicule l’eau n’est pas plus chaude » précise Pierre-Loic Chambon, le directeur du service des sports à la manoeuvre sur cette opération.

Une base de vie sera installée au square du 19-Mars-1962, au pied du pont qui relie l’Ile Verte au quartier Saint-Laurent. Les participants pourront s’inscrire gratuitement, sur présentation d’une pièce d’identité, et déposer leurs affaires dans un casier. Des douches seront également mises à leur disposition. La jauge sera limitée à 500 personnes.

ponton aviron
La baignade démarrera du ponton du club d’aviron à l’Ile Verte

Une balade aquatique très sécurisée

Les baigneurs seront ensuite répartis par vagues de 20 personnes. La mise à l’eau se fera depuis le quai Jongkind, au niveau du ponton du club d’aviron. Ils effectueront alors une baignade dérivante portés par le courant, sur environ 300 mètres, jusqu’au pont de Chartreuse. Chaque participant sera équipé d’une bouée de nage en eau libre et des maîtres-nageurs accompagneront la descente à bord de paddles. Une ligne de bouées permettra également de sécuriser la zone de sortie de l’eau.

Le coût de l’opération se monte à environ 20 000 euros. « Cela comprend l’organisation, la sécurité et l’achat de matériel comme les douches qui pourront être réutilisées pour d’autres occasions » justifie Gilles Namur. « On est loin des montants investis pour pouvoir se baigner dans la Seine à Paris. On n’a pas eu besoin de dépenser un centime pour améliorer la qualité de l’eau car elle est naturellement bonne. »

La qualité de l’eau au cœur des préoccupations

Ce paramètre reste néanmoins une condition essentielle à la tenue de cette baignade. La municipalité réalise depuis le mois de mai des mesures régulières de la qualité de l’eau avec un laboratoire indépendant. « En 3 mois, un seul prélèvement a été négatif  » révèle Pierre-Loic Chambon. Les rejets industriels étant très contrôlés, le risque principal est surtout lié aux orages qui peuvent entraîner un fort ruissellement de surface et polluer temporairement la rivière.

« Même si on boit la tasse, on ne risque rien à long terme. C’est comme pour l’eau chlorée dans une piscine. Même en y allant régulièrement, le volume ingéré est infime par rapport à la quantité d’eau que le corps absorbe dans une vie » rassure Anne-Cécile Fouvet, ingénieure en santé environnementale à la Ville de Grenoble. Les résultats des dernières analyses seront affichés sur le site de baignade.

baigande urbaine isère / projet
Voilà le type d’aménagement qui pourrait être imaginé à terme (© studio baignade urbaine)

Vers un futur « Grenoble Plage » ?

Au-delà de cette journée, l’enjeu est aussi politique. La baignade dans l’Isère figure parmi les projets emblématiques portés par la majorité de Laurence Ruffin. « Pour l’instant on expérimente et on explique le projet. On verra ensuite si on poursuit en développant pourquoi pas des pontons et des lieux de baignade fixes comme on a pu le voir sur certaines images de synthèse » avance prudemment Gilles Namur.

« L’idée c’est vraiment d’avoir une première approche de ce que pourrait être plus tard cette baignade dans l’Isère » complète l’adjointe jeunesse et sport Meriem Naili, qui, comme d’autres élus, participera à la baignade avec quand même une petite appréhension pour la température de l’eau. Quant aux poissons qui peuplent la rivière, « il n’y a aucune espèces dangereuses » assure-t-elle. Ils vont juste devoir s’habituer à partager, un peu plus, leur terrain de jeu.

Malgré le report, le site prévu pour la baignade ne restera pas désert ce dimanche 30 août. Les associations et collectifs partenaires, notamment le Collectif des gens qui ont chaud et le Parlement de la rivière Isère, seront présents pour échanger avec le public autour de la rivière, de la baignade et des conditions nécessaires à une pratique responsable.