Y-a-t-il un lien entre les trois règlements de compte survenus en trois jours en plein centre-ville de Grenoble ? Il semblerait que oui puisque l’on retrouve la même personne impliquée dans au moins deux de ces actes violents.
Le contrôle des points de deal de l’agglomération représente un enjeu très lucratif qui peut pousser les protagonistes à multiplier les actes d’extrême violence. Ce fût le cas dans le quartier de l’Alma au cours de l’année 2024 avec pas moins de six fusillades. La place Saint-Bruno est également le théâtre depuis plusieurs années de règlements de compte en série.
Une guerre pour le contrôle du point de deal Hoche ?
L’enchaînement de ces derniers jours semble cette fois en lien avec le trafic de stupéfiants installé sur la place André-Malraux, dans le quartier Hoche, à deux pas du cinéma Pathé Chavant. C’est d’ailleurs un scénario digne d’un film d’action auquel on a assisté en quelques heures.

L’origine de cette série sanglante est-elle liée à l’annonce par la justice, le jeudi 9 avril, de l’identification et de la mise en examen de quatre suspects dans le meurtre d’un dealer de 15 ans, en octobre 2024, dans le quartier Hoche ?
En tout cas, le lendemain matin, un individu cagoulé agresse deux hommes au couteau sur cette place André-Malraux. L’un deux, touché à la carotide, est transporté entre la vie et la mort à l’hôpital. L’autre est plus légèrement blessé. Il s’agit de Mohamed Touati, un ressortissant tunisien âgé de 27 ans qui habite le quartier et qui est connu de la justice pour trafic de stupéfiants.
Blessé vendredi, il est tué dimanche
C’est lui que les policiers vont retrouver, décédé cette fois, deux jours plus tard, toujours dans le quartier Hoche. Dans la nuit de dimanche à lundi, il a été la cible d’un tireur qui a pris la fuite en trottinette électrique.
Entre ces deux actions criminelles, samedi soir, le videur d’un bar de nuit de Grenoble est abattu de deux balles à la fin de son service en pleine rue place Notre-Dame devant plusieurs témoins. Une jeune femme de 26 ans a d’ailleurs été blessée par une balle perdue.
D’après une source bien informée, ce videur, peu connu de la justice, travaillait pour une famille très connue, impliquée dans le trafic de stupéfiants notamment dans le quartier Hoche. On peut donc imaginer que son meurtre était une réponse à l’agression au couteau de la veille. Et que ses « patrons » ont décidé de répliquer immédiatement en visant Mohamed Touati.
Le bar où travaillait le videur assassiné victime de dégradations
Ce ne sont que des suppositions mais quelques heures plus tard, comme une nouvelle réplique, le bar où travaillait le videur a été victime de dégradations : grille cassée, jardinières renversées… Les dégâts sont minimes mais traduisent un climat de tension qui règne visiblement autour de cet établissement de la rue Chenoise.

L’escalade va-t-elle se poursuivre ? Dans un communiqué, le procureur de la république de Grenoble indique que « en l’état des investigations, aucune piste n’est privilégiée par les enquêteurs et aucun lien n’est formellement établi entre les différents dossiers d’homicides ». Mais on sait qu’en matière de criminalité, la vendetta va souvent beaucoup plus vite que les enquêtes policières.