Deux mois après la mort du restaurateur grenoblois tué à moto par un automobiliste ivre et roulant à grande vitesse, le procès du conducteur s’est tenu ce vendredi 23 octobre à Grenoble, dans une salle d’audience trop petite pour accueillir tous les proches de la victime.

Il y avait du monde devant la salle d’audience numéro 16 du Palais de justice de Grenoble. Trop pour que tous puissent assister au procès. De nombreux proches de Christophe Vigouroux sont donc restés à la porte.

procès christophe vigouroux
Les motards du Grenoble Alpes Chapter, le club de Harley de la victime, avaient fait le déplacement en nombre.

Ce restaurateur bien connu sur la place grenobloise, était le gérant du Palais, place Victor-Hugo. Il a été tué le 27 août dernier, alors qu’il venait de quitter son établissement, par un automobiliste qui circulait à très grande vitesse sur le boulevard Jean-Pain.

L’accident a eu lieu vers 2 heures du matin. Le conducteur a grillé un feu rouge au moment où Christophe Vigouroux s’engageait sur sa Harley-Davidson sur le boulevard. Le choc a été d’une violence extrême. Le père de famille a été tué sur le coup. Il avait 56 ans.

Carrefour Vallier / Jean-Pain accident vigouroux
Le carrefour où a eu lieu l’accident.

Alcool et vitesse en cause

Deux mois après le drame, le conducteur, âgé de 32 ans, comparaissait ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Grenoble, dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.

Le prévenu réside en Savoie et travaille à Grenoble. Cette nuit-là, après une soirée passée avec dans un bar de Chambéry avec des amis, il a rallié Grenoble pour aller voir sa petite amie qui ne répondait pas à ses appels après une dispute.

Dans une atmosphère particulièrement pesante, le prévenu a reconnu les faits qui lui étaient reprochés, tout en tentant de minimiser les circonstances aggravantes : la vitesse estimée à plus de 130 km/h, le feu rouge et l’alcool— son taux d’alcoolémie a été mesuré à plus d’un gramme par litre de sang.

Il risquait 10 ans de prison

Depuis la création, en 2025, du délit d’homicide routier, les peines encourues pour ce type de faits ont été alourdies. Le chauffard, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, risquait jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.

Pour déterminer la peine, le tribunal a notamment pris en considération la personnalité du prévenu, sa situation professionnelle – un laborantin diplômé – et son absence d’antécédent judiciaire. Il a finalement requis une peine de 5 ans de prison dont la moitié assortie d’un sursis probatoire. La décision sera rendue le 12 novembre.