Jugé ce mardi 21 octobre, un jeune Échirollois de 22 ans a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour avoir dégradé une cinquantaine de tombes dans le cimetière de Froges, dans la nuit du 5 au 6 septembre. Les faits avaient profondément choqué la commune du Grésivaudan.
Une nuit de dégradations au cimetière de Froges
Les habitants de Froges se souviennent encore de l’émotion provoquée début septembre par le saccage de leur cimetière communal. Dans la nuit du 5 au 6 septembre, une cinquantaine de sépultures avaient été endommagées : crucifix, décorations et éléments religieux arrachés ou brisés. Le jeune homme, domicilié à Échirolles mais ayant grandi en partie à Froges, avait expliqué vouloir “revenir sur des lieux qui lui tenaient à cœur”. Il avait été interpellé par un groupe de six jeunes habitants, qui l’avaient maintenu sur place jusqu’à l’arrivée des gendarmes.
Un procès sous le signe du trouble psychique
Poursuivi pour “violation de sépultures, tombeaux, d’urnes cinéraires ou de monuments à la mémoire des morts”, un délit passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende, le prévenu a reconnu les faits devant le tribunal correctionnel de Grenoble. Lorsque lors de l’audience la présidente du tribunal correctionnel, Sylvie Mazzalovo lui demande : « Vous avez dit aux gendarmes que vous étiez énervé contre Dieu qui ne vous a pas aidé lorsque vous vous êtes tourné vers lui. C’est bien ça ? ». Le jeune homme, silencieux, se contera d’opiner de la tête.
Selon l’expertise psychiatrique, le jeune homme présente “un trouble psychotique ancien” associé à “une déficience intellectuelle légère”, entraînant “une altération massive du discernement” au moment des faits. Le rapport recommande un suivi psycho-éducatif et un accompagnement social renforcé. « Il est responsable pénalement, même s’il ne l’est pas entièrement », a précisé la procureure, Stéphanie Papy, soulignant l’importance d’un suivi médical adapté.
Un parcours de vie difficile
Son avocate, Me Agnès Oriot, a insisté sur les fragilités de son client : enfance instable, placement dès l’âge d’un an, harcèlement scolaire, et difficultés d’insertion professionnelle liées à son handicap. « Il a un comportement en décalage avec la réalité et ne mesure pas pleinement les conséquences de ses actes », a plaidé la défense.
Une condamnation assortie d’un sursis
Prenant en compte son profil et son absence d’antécédents judiciaires, le tribunal a condamné le jeune homme à deux mois de prison avec sursis simple. Il devra également verser 100 euros de dommages et intérêts à la seule famille s’étant constituée partie civile. La préfète de l’Isère avait, dès le lendemain des faits, exprimé son soutien à la commune de Froges et rappelé que la protection des lieux de mémoire faisait partie des priorités des forces de l’ordre dans le département.