Football : un dispositif inédit contre les chants homophobes testé lors de Grenoble – Nancy

Un nouveau dispositif de lutte contre les chants homophobes sera expérimenté ce samedi 20 décembre au stade des Alpes, lors du match de Coupe de France entre le GF38 et l’AS Nancy-Lorraine. Portée par le collectif Rouge Direct et validée par la Fédération française de football, cette mesure pourrait conduire à l’interruption d’une rencontre en cas d’insultes.

Une première expérimentée par la Fédération française de football

À l’occasion des 32èmes de finale de la Coupe de France, la Fédération française de football (FFF) va tester pour la première fois un dispositif spécifique visant à lutter contre les chants et insultes homophobes dans les tribunes. La rencontre entre Grenoble et Nancy, programmée samedi 20 décembre à 18 heures, servira de match pilote. « Un cap a été franchi dans la reconnaissance de l’homophobie dans le football », salue Julien Pontes, porte-parole du collectif Rouge Direct, à l’origine de cette proposition.

Trois observateurs positionnés dans les tribunes

Concrètement, trois observateurs seront déployés dans différentes zones du stade des Alpes afin de repérer et signaler d’éventuelles insultes à caractère homophobe. Le dispositif réunira : un représentant de la FFF, un membre de la commission des délégués nationaux, un représentant d’une association engagée dans la lutte contre l’homophobie. Ces observateurs auront la possibilité d’alerter le corps arbitral. En cas de propos avérés, l’arbitre pourra décider d’interrompre temporairement, voire définitivement, la rencontre.

Des insultes considérées comme des délits

Selon une source au sein de la FFF, cette expérimentation répond à une demande de longue date des associations LGBTQIA+. « Les insultes homophobes sont des délits pénaux. Il fallait un outil opérationnel pour y mettre un terme dans les stades », précise-t-on. En droit français, une injure à caractère homophobe est passible d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Un test limité à la Coupe de France

Mis en place par le Comité de lutte contre les violences et les discriminations (CLEVED) de la FFF, le dispositif ne s’applique pour l’instant qu’à la Coupe de France. La Ligue de football professionnel (LFP) n’a pas encore donné son accord pour une mise en œuvre en Ligue 1 ou en Ligue 2. Si l’expérimentation s’avère concluante, elle pourrait être reconduite lors des prochains tours de la compétition.

Un contexte local sensible

Pour mémoire, le GF38 avait été sanctionné en 2019 par la commission de discipline de la LFP, écopant d’une amende de 10 000 euros après le déploiement d’une banderole jugée homophobe par des supporters grenoblois. Un épisode qui avait relancé le débat sur l’homophobie dans les stades français.

Partager cet article