À l’occasion de la rencontre entre le Grenoble Foot 38 et l’AS Saint-Étienne, prévue ce samedi au stade des Alpes, la préfecture de l’Isère a pris deux arrêtés afin d’encadrer le déplacement des supporters stéphanois. En cause : un « contentieux historique » entre les groupes de supporters des deux clubs.
Le premier arrêté fixe les conditions d’accès au stade pour les supporters de l’ASSE. Ceux-ci ne pourront rejoindre l’enceinte grenobloise qu’à condition d’effectuer le déplacement en bus. Un point de rassemblement est prévu à 17 heures sur l’aire d’autoroute de l’Île-Rose, à Voreppe, d’où les véhicules seront escortés par les forces de l’ordre jusqu’au stade des Alpes. À l’issue de la rencontre, les bus seront reconduits sous escorte dans le sens inverse.
Les « Verts » interdits dans les rues de de Grenoble dès vendredi soir
Dans le même temps, la préfecture interdit la présence en centre-ville de Grenoble des « personnes se prévalant de la qualité de supporter stéphanois ou se comportant comme tel, ainsi que de tout groupe allié », du vendredi 13 mars à minuit jusqu’au dimanche 15 mars à 2 heures du matin. Un second arrêté vient compléter ces mesures de sécurité. Il prévoit plusieurs interdictions sur la commune de Grenoble entre le samedi 14 mars à 8 heures et le dimanche 15 mars à 8 heures.
Durant cette période, le transport, le port et l’utilisation d’artifices de divertissement de catégories F2 et F3 seront interdits. La mesure concerne également le transport de combustibles corrosifs, de carburants à emporter ou de gaz inflammables. Le port et le transport d’armes ainsi que d’objets destinés à dissimuler tout ou partie du visage sont également prohibés. Certaines dérogations, précisées dans l’arrêté, restent toutefois possibles.
Une préfète au passé mouvementé avec les ultras stéphanois
Ces arrêtés ont été signés par Catherine Séguin, actuelle préfète de l’Isère et ancienne préfète de la Loire. Lorsqu’elle occupait ce poste, il semblerait que ses relations avec les groupes ultras de l’AS Saint-Étienne avaient été particulièrement tendues. Les supporters stéphanois rappellent que, son mari, Franck Robine, a occupé le poste de directeur de cabinet de l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, au moment où une procédure visant à dissoudre les deux principaux groupes ultras stéphanois avait été engagé.
Même si le contentieux entre Grenoble et Saint-Etienne est très ancien, les deux clubs ne se sont pas souvent rencontrés car ils ont longtemps évolué dans des championnats différents. Un des faits les plus marquants remonte au vendredi 2 avril 2004. Quelques minutes avant le coup d’envoi d’un match de Ligue 2 au stade Lesdiguières (le stade des Alpes n’existait pas encore), une bagarre avait éclaté entre une dizaine de supporters stéphanois et une quinzaine de jeunes de Mistral, un quartier situé à proximité de l’enceinte sportive.
Un coup de fusil en pleine tête avant un match GF38-ASSE
Au cours de la rixe, deux coups de fusil avaient été tirés et un jeune supporter de Saint-Etienne, âgé de 20 ans, s’était écroulé sur la chaussée après avoir pris une balle en pleine tête. Grièvement blessé, Olivier Baraldini fera deux mois de coma et garde aujourd’hui des séquelles irréversibles de cette agression. Le tireur, Karim Aouragh, a été condamné par la justice en 2010 à cinq ans de prison dont deux avec sursis.
👉 Saint-Etienne qui joue cette saison la montée en Ligue 1 se déplace ce samedi 14 mars à 20 heures au stade des Alpes pour affronter Grenoble