Fin de partie pour La Bobine : le collectif de reprise renonce au projet

Le collectif “L’Autre Scène”, choisi pour relancer la Bobine après sa liquidation, jette l’éponge. En cause : un climat de défiance et des tensions persistantes avec les occupants du lieu culturel grenoblois.

Un projet de relance qui n’aura pas vu le jour

C’est une annonce qui sonne comme un coup d’arrêt définitif. Sur ses réseaux sociaux, le collectif “L’Autre Scène” a déclaré mettre un terme à son projet de reprise de La Bobine, le lieu culturel emblématique du parc Paul Mistral à Grenoble. Originaire d’Annecy, le collectif avait été désigné par le tribunal de commerce de Grenoble pour reprendre le site après sa liquidation judiciaire en juin dernier. Mais cinq mois plus tard, les porteurs du projet ont préféré se retirer.

Dans leur communiqué, ils expliquent avoir voulu construire “un projet collectif, ouvert et fidèle à leurs valeurs”, sans parvenir à “fédérer” ni à “inspirer la confiance” autour d’eux. “Nous préférons renoncer plutôt qu’agir à l’encontre de nos convictions”, conclut le message.

Un dialogue manqué avec les occupants

Depuis la mobilisation “Bloquons tout” du 10 septembre, le bâtiment restait occupé. Malgré une proposition de la Ville de Grenoble — propriétaire des lieux — d’un repli vers la Salle Rouge, dans le quartier Chorier-Berriat, les occupants n’avaient pas donné suite.

Cette occupation compliquait la reprise du site par L’Autre Scène, qui souhaitait entamer les travaux de relance dans un cadre apaisé. Le collectif reconnaît dans son message avoir “mal présenté” un débat de fond entre une vision militante du lieu et un projet structuré sur le long terme, ce qui a nourri les incompréhensions. Les commentaires ont depuis été désactivés sur la publication annonçant la fin du projet.

Une ambition coopérative avortée

L’Autre Scène voulait transformer La Bobine en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), impliquant habitants, anciens bénévoles et acteurs culturels locaux. Le modèle prévoyait une diversification des activités : concerts, studios de répétition, résidences artistiques, mais aussi location d’espaces pour réunions, conférences ou télétravail.
Un rachat de 200 000 euros était prévu, dont 60 000 euros devaient être réunis d’ici le 15 novembre via une levée de fonds citoyenne.

Mais face à la défiance et aux tensions locales, “le fil s’est rompu”. Tous les dons et apports associatifs ont été remboursés, précisent les membres du collectif, qui libéreront prochainement les réseaux de l’ancienne Bobine. Contactée, la mairie n’avait toujours pas officiellement réagi vendredi soir. 

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