Festival du Film Nature et Environnement : changer de regard sur le vivant

Le Festival du film Nature et Environnement se tient à Grenoble et dans la métropole jusqu’au 30 novembre. Projections, débats et actions pédagogiques : un temps fort pour regarder la nature autrement. Pierre-Cédric Petit, co-directeur de France Nature Environnement Isère, revient sur les enjeux de cette 39ᵉ édition.

Sorties et voyages… depuis la salle de cinéma

Organisé fin novembre, le festival assume le paradoxe de parler grands espaces en restant en salle. :« On a tout le printemps, l’été, l’hiver pour être dehors. Là, on peut bien rester quatre jours au cinéma pour voyager autrement », sourit Pierre-Cédric Petit.
Cette 39ᵉ édition propose 14 films documentaires en compétition, répartis sur 5 séances. Les projections sont itinérantes : ouverture à La Vence Scène de Saint-Égrève, séances au Club à Grenoble, puis clôture au Jeu de Paume à Vizille avec une sortie nature et la remise des prix. Côté trophées, le festival reste fidèle au logo de France Nature Environnement :
hérisson d’or, d’argent, de bronze… et, pour les courts-métrages, un tendre et symbolique « choupisson d’or ».

Climat, forêts, espèces menacées : les Alpes en première ligne

Le festival rappelle que la nature alpine est en première ligne face au réchauffement climatique. « Dans les Alpes, le phénomène est plus marqué qu’ailleurs. Les glaciers reculent, les forêts souffrent et changent déjà », explique Pierre-Cédric Petit.
Le film « Attention fragile » suit ainsi les agents de l’ONF qui veillent sur la nyctale de Tengmalm, petite chouette relicte de l’ère glaciaire, menacée par la hausse des températures et la transformation des forêts de moyenne montagne. Autre temps fort : « Un autre regard », qui invite à prendre le temps de changer notre façon de voir le monde vivant.

École du dehors : éduquer à la nature et par la nature

Le festival est aussi un outil d’éducation à l’environnement. Il accueille de nombreux scolaires et innove avec une séance dédiée aux enseignants et personnels de l’Éducation nationale. Objectif : généraliser la nature dans l’éducation, alors que les enfants souffrent de plus en plus d’un manque de contact avec le vivant. Le film « La forêt, c’est la classe » de Denis Schlosser illustre le mouvement de la classe dehors. « On ne parle pas que des arbres et des petites bêtes. On compte les feuilles, on décrit, on fait du vocabulaire. Ce n’est pas du prosélytisme, on est loin de l’écologie politique. On est dans l’émerveillement, la contemplation et la compréhension de ce qui nous entoure. »

⤵️ Retrouvez l’intégralité de l’interview de Pierre-Cédric Petit dans l replay de l’émission « Le + »

Partager cet article