Après le rejet du projet de reprise du site chimique de Pont-de-Claix, élus et parlementaires de l’Isère et de la Drôme appellent le ministre de l’Industrie à agir rapidement pour éviter un démantèlement irréversible et ses conséquences industrielles.

Le rejet, le 24 mars, du projet de reprise Exalia par le tribunal des activités économiques de Lyon a suscité une vive réaction locale. Porté par d’anciens salariés et un entrepreneur local; et soutenu par des acteurs publics, ce projet visait à relancer l’activité du site Vencorex. Le tribunal a finalement validé une cession partielle des actifs, ouvrant la voie à un démantèlement progressif du site. Une orientation que les élus contestent vivement.

Un appel direct au ministre de l’Industrie

Dans un courrier adressé à Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole, accompagné de plusieurs parlementaires, demande une intervention rapide de l’État. Ils l’invitent à « se saisir pleinement de ce dossier, dans le droit fil de l’engagement pris lors de votre déplacement en Isère le 26 mars » et alertent sur un risque immédiat : « ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est l’irréversible ».

Trois leviers jugés prioritaires

Les élus détaillent trois axes d’action jugés essentiels. « Trois leviers nous semblent devoir être mobilisés en priorité », écrivent-ils. Ils demandent d’abord « le rachat des équipements en cours de cession, afin d’éviter leur disparition définitive et de préserver la possibilité d’une reprise industrielle future ». Ils appellent également à « l’accompagnement d’une reprise du foncier », en raison de contraintes environnementales importantes. Enfin, ils réclament « l’examen des voies de recours disponibles, en particulier à l’initiative du ministère public », estimant qu’« une intervention du parquet nous paraît pleinement justifiée au regard des enjeux d’intérêt général ».

Un site au cœur d’enjeux industriels nationaux

Pour les signataires, l’avenir de Vencorex dépasse largement l’échelle locale. « Ce dossier s’inscrit dans un contexte plus large de désindustrialisation qui affecte de nombreux territoires », soulignent-ils. Ils rappellent que le site, implanté depuis plus d’un siècle, constitue « un maillon central d’une plateforme chimique interconnectée » et alimente des filières stratégiques, notamment dans les secteurs du nucléaire et de la défense. « Leur disparition de notre territoire représente une dépendance accrue aux importations et une perte de savoir-faire difficilement réversible », préviennent-ils.

Le risque d’une friche industrielle majeure

Les élus pointent également les conséquences concrètes de la décision judiciaire. « En retenant les offres principalement sur le critère du prix, le tribunal a ouvert la voie à une cession par lots et à un démantèlement progressif du site », écrivent-ils. Ils redoutent la création d’« une friche industrielle majeure de 120 hectares en pleine agglomération grenobloise », avec un coût de dépollution estimé à un milliard d’euros.

Une alerte sur la désindustrialisation

Au-delà du cas local, les signataires dénoncent un symbole de recul industriel. « La disparition d’un site chimique de cette importance (…) n’est pas une affaire strictement locale », insistent-ils. Ils concluent leur courrier par un appel pressant : « Nous vous demandons d’agir avant que la situation ne devienne irrémédiable », afin d’éviter que ce dossier ne devienne « un exemple supplémentaire d’une désindustrialisation que nous avions pourtant les moyens de prévenir ».

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