On n’est jamais trop prudent ! Un message d’alerte a été diffusé à l’ensemble de la communauté aéronautique européenne. Un étage de fusée incontrôlé, de 11 tonnes, est en train de rentrer dans l’atmosphère ce vendredi vers 10h30, avec un risque — faible mais réel — de retombées de débris sur certaines régions d’Europe, dont potentiellement la France.

C’est un pilote basé à Grenoble qui nous a fait parvenir l’information qu’il a reçue ce matin. Un NOTAM, une notification officielle adressée aux professionnels de l’aviation, pour signaler tout événement important à connaître avant un vol. Ce NOTAM concerne la rentrée atmosphérique de l’objet spatial ZQ-3 R/B, correspondant au deuxième étage de la fusée chinoise Zhuque-3, lancée le 3 décembre 2025. L’objet, qui pourrait encore transporter une charge factice, mesure environ 12 à 13 mètres pour une masse estimée à 11 tonnes. Sa trajectoire est incontrôlée.

Dans l’atmosphère ce vendredi vers 10h30, peu probable en Isère

Selon les centres européens de surveillance spatiale (EU SST), la rentrée est attendue le 30 janvier, avec une estimation centrale autour de la fin de matinée, mais une large fenêtre d’incertitude de plusieurs heures, pendant laquelle l’objet pourrait entrer dans l’atmosphère à différents endroits le long de sa trajectoire.

En raison de son inclinaison orbitale, l’objet peut survoler une vaste zone comprise entre 57° de latitude nord et sud, incluant l’Europe. L’heure estimée est 10h30 avec une marge d’erreur comprise entre 11h20 et 13h30. Sait-on jamais, un fragment pourrait donc tomber sur la France, voire sur la région grenobloise ! Mais les zones jugées les plus probables se situent plutôt dans le nord de la France ou plus largement en Europe du Nord, et surtout au-dessus des océans ou de régions peu habitées.

la carte de la trajectoire d'un débris de fusée entrant dans l'atmosphère en Europe

Les spécialistes estiment que cet objet est trop massif pour se désintégrer totalement dans l’atmosphère, et que certains fragments pourraient survivre jusqu’au sol. Les autorités rappellent toutefois que la probabilité qu’un débris atteigne une zone habitée reste statistiquement très faible. Les capteurs européens suivent en continu la trajectoire du ZQ-3 R/B afin d’affiner les prévisions jusqu’au moment de la rentrée atmosphérique.

Partager cet article