Double médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Pékin en 2022, en relais mixte et en relais masculin, le biathlète isérois Emilien Jacquelin a raté une belle occasion, ce vendredi, de compléter sa collection avec une médaille individuelle. Battu sur le fil lors de l’épreuve du sprint, il peut peut-être en vouloir à son idole Marco Pantani…
Deux dixièmes. C’est l’écart qui séparait le troisième, Sturla Laegreid du quatrième, Emilien Jacquelin à l’issue des 10 kilomètres de course. Un écart à la fois infime et immense. Car aux Jeux, seule la médaille compte. Quatrième, vingtième ou centième c’est presque pareil. Et si Sturla Laegreid a pu savourer le bronze sur le podium aux côtés de son compatriote Christiansen et du champion olympique Quentin Fillon-Maillet, Emilien Jacquelin a dû trouver très amer le goût de sa médaille en chocolat. « La seule chose que je peux faire c’est avaler mon seum » a-t-il déclaré aux journalistes présents sur place après la course.
Où a-t-il perdu ces deux dixièmes ?
On imagine aussi qu’il a dû se refaire la course dans sa tête pour essayer de trouver tous les moments où il aurait pu gagner, ou ne pas perdre, ces deux dixièmes. En bout de course dans la dernière ligne droite, il a fini au courage en mettant tout ce qu’il lui restait pour franchir la ligne. Mais c’est un autre moment de la course qui peut interroger : lors de la sortie du pas de tir avant d’entamer la dernière boucle.
Fan de Marco Pantani dont il porte une boucle d’oreille
Emilien Jacquelin vient de réussir le sans-faute avec un tir stratosphérique. Il est en tête avec 6 secondes d’avance sur son compatriote Quentin Fillon-Maillet et une vingtaine de secondes sur les Norvégiens. Euphorique, il jette lunettes et bandeau en passant devant les stands. Un geste popularisé par son idole Marco Pantani dont il porte, ce jour-là, une de ses boucles d’oreille. Un hommage au cycliste italien qu’il réalise dans le mouvement mais en sacrifiant un coup de bâton à un moment stratégique où les biathlètes doivent se relancer au plus vite pour retrouver leur vitesse de croisière. Est-ce que ce coup de bâton – et donc indirectement Marco Pantani – lui a coûté la médaille ? Les spécialistes auront leur avis sur la question. Ce qui est sûr, c’est qu’en biathlon, chaque détail compte, même les plus insignifiants.
Jacquelin reproche à Laegreid son infidélité
Dimanche, Emilien Jacquelin prendra le départ de la poursuite en quatrième position, 16 secondes après Quentin Fillon-Maillet et deux dixièmes après Sturla Laegreid. La frustration va-t-elle lui donner ce petit supplément d’âme pour aller chercher, cette fois, le podium ? Le duel entre Laegreid et Jacquelin promet, en tout cas, de faire des étincelles. Car après sa déception du sprint, le biathlète du Vercors a taclé sèchement son adversaire norvégien : « j’ai été battu par un infidèle ». Une allusion à la déclaration publique faite par Sturla Laegreid quelques jours plus tôt qui avait avoué avoir trompé sa compagne. On ne sait pas si elle l’a pardonné mais Laegreid ne va pas passer l’éponge non plus sur le tâcle de Jacquelin. Les deux hommes règleront donc leur compte sur la piste…