C’est devenu un symbole ! Le symbole des difficultés à lutter contre le trafic de stupéfiants qui gangrène certains quartiers de l’agglomération grenobloise. Lors d’une conférence de presse ce mardi pour communiquer sur l’action des forces de l’ordre dans ce domaine, la préfète de l’Isère Catherine Seguin a confirmé que l’immeuble Le Carrare à Echirolles resterait fermé encore quelque temps.
Sortir les habitants plutôt que les dealers
Cela fait déjà un an que la mairie d’Echirolles a pris un arrêté municipal de mise en péril à cause d’un danger de mort permanent dû à des risques incendie et électrique. Un levier juridique pour vider l’immeuble de ses habitants. Car la vraie raison de cette expropriation temporaire est liée à la présence quasi-permanente, à l’époque, de dealers dans et aux abords de l’immeuble. L’école de journalisme, située juste à coté, a d’ailleurs envisagé d’aller s’installer ailleurs.
Le point de deal n’a pas disparu
Pour régler le problème, « ce ne sont pas les dealers qu’on a mis dehors mais les locataires et les propriétaires » résume le responsable du conseil syndical. Une situation qui peut paraître ubuesque. D’autant que malgré cette décision radicale, le point de deal n’a pas disparu. Certes, les dealers ne peuvent plus accéder aux parties communes de l’immeuble et aux appartements squattés qui abritaient leurs caches mais ils n’ont pas pour autant quitté le secteur. Ils continuent d’arpenter les abords du Carrare pour vendre de la drogue à quelques dizaine de mètres du siège de la police municipale.
Pas de réouverture pour l’instant
Pour lever l’arrêté de mise en péril, la copropriété a entrepris des travaux pour mettre en conformité de l’installation électrique des parties communes. Des travaux qui sont en cours d’achèvement. Mais la réouverture de l’immeuble ne semble pas à l’ordre du jour. On ne veut pas prendre le risque que le trafic se réinstalle confirme la mairie d’Echirolles.
Les copropriétaires dénoncent une situation intenable
Les copropriétaires estiment avoir été sacrifiés par une politique qui préfère masquer son échec sécuritaire. Ils rappellent que cette situation engendre d’importantes pertes financières pour eux et que, un an plus tard, la situation reste bloquée. Ils dénoncent aussi le manque de réponses institutionnelles hormis une réunion publique en avril 2025 où la mairie leur a conseillé le recyclage de l’immeuble via un rachat jugé « dérisoire et inacceptable » et un courrier de la métropole en septembre 2025 annonçant une commission d’élaboration d’un plan de sauvegarde à l’automne, après l’échec d’une précédente mission similaire.
Quel avenir pour Le Carrare ?
Depuis un an, certains appartement ont été rachetés, à un prix plancher, par l’EPFL du Dauphiné, un organisme public qui a vocation à acquérir du foncier pour le compte des collectivités locales. Si cet organisme parvient à racheter les 80 logements, la municipalité pourra prendre la main sur le devenir du bâtiment. Mais pour en faire quoi ? Le retour des dealers après une réouverture serait un symbole encore plus fort de l’impuissance des autorités publiques à lutter efficacement contre le narcotrafic.
➡️ Le collectif des copropriétaires sera l’invité de la nouvelle émission « Le + » ce jeudi à 19h30 sur TéléGrenoble