Après quatre années sans exposition, le Musée Géo-Charles rouvre ses portes à Échirolles avec une exposition anniversaire consacrée à son histoire et à la figure de Géo-Charles. Invités de l’émission Le Plus, Aurélien Farge, président du Tracé, et Alice Assouline, chargée des publics, reviennent sur cette relance attendue et sur l’identité singulière d’un musée intimement lié à l’histoire ouvrière et culturelle locale.
« Géo-Charles était un passionné d’art, collectionneur, grand sportif », rappelle Alice Assouline. Poète, journaliste, proche des avant-gardes du XXe siècle, il fréquente le Montparnasse artistique et côtoie Guillaume Apollinaire, Fernand Leger, Marc Chagall ou encore Pablo Picasso. Sa collection, léguée par sa veuve Lucienne dans les années 1980 à la Ville d’Échirolles, comprend 134 œuvres représentatives des avant-gardes : peintures, dessins, sculptures. « On commence à remettre en question le classicisme, à s’approcher du cubisme, de l’expressionnisme », souligne Alice Assouline. Le sport, fil conducteur de son œuvre, irrigue également l’exposition. Géo-Charles voyait dans la pratique sportive un idéal moderne qu’il célèbre notamment dans ses écrits.
Une exposition en trois axes pour raconter une ville
L’exposition de réouverture, intitulée Géo-Charles, une histoire échirolloise, marque les 40 ans de ce patrimoine local. Elle s’organise en trois volets : l’histoire du lieu, la personnalité du collectionneur et la richesse des collections. La villa elle-même raconte Échirolles. Construite vers 1830, elle fut maison de médecin, demeure des directeurs de la cité viscose, puis siège du service Sport-Culture avant d’accueillir le musée. « L’histoire du musée Géo-Charles, c’est une histoire de la ville d’Échirolles », insiste Aurélien Farge. Avec l’implantation de la viscose, la commune est passée d’un village à une ville ouvrière cosmopolite, accueillant près de 40 nationalités. « On est dans cette période de l’éducation populaire, du mouvement ouvrier, de cette idée sport, culture, éducation populaire », rappelle-t-il. Le musée est l’héritier direct de cette ambition.
Une exposition immersive et participative
La scénographie propose une salle immersive consacrée à l’intimité de Géo-Charles, avec objets personnels et documents d’époque. À l’étage, les œuvres de la donation dialoguent avec des acquisitions contemporaines, créant une confrontation entre périodes artistiques. Des ateliers sont organisés avec l’artiste Coralie Simé, de la linogravure à la création de fanzines, ainsi que des visites guidées hebdomadaires. Le musée est ouvert du mercredi au dimanche, de 14h à 18h. L’exposition est visible jusqu’à fin juillet.