Le 1er novembre 1970, 146 jeunes perdaient la vie dans l’incendie de la discothèque Le 5-7, à Saint-Laurent-du-Pont. Ce dimanche, 56 ans après, leur mémoire sera honorée. Une commémoration qui prend une résonance particulière après le drame de Crans-Montana, en Suisse.
Il y a des tragédies que l’on pensait appartenir définitivement au passé. Des catastrophes si terribles qu’elles semblaient devoir servir de leçon pour les générations suivantes. Celle du 5-7, à Saint-Laurent-du-Pont, en fait partie.
Pourtant, plus d’un demi-siècle après, l’incendie meurtrier de Crans-Montana est venu rappeler une terrible réalité : en 2026, des jeunes peuvent encore mourir brûlés vifs alors qu’ils sont simplement venus faire la fête.

Une nuit de fête qui vire au drame
Ce dimanche 1er novembre, à 15 heures, une cérémonie du souvenir se déroulera devant le mémorial érigé à l’emplacement de l’ancienne discothèque, à Saint-Laurent-du-Pont, au pied de la Chartreuse. Un rendez-vous chargé d’émotion, 56 ans jour pour jour après l’une des pires catastrophes de l’Isère.
Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970, plusieurs centaines de jeunes se retrouvent au 5-7, une discothèque à la mode ouverte quelques mois plus tôt. Ils viennent de Grenoble, de Chambéry, de Lyon et des communes environnantes. Pour beaucoup, c’est une soirée entre amis, à l’occasion des vacances de la Toussaint.

Le feu se déclenche au milieu du concert
Mais au cours de la soirée, un incendie se déclare dans l’établissement alors qu’un groupe de musique se produit sur scène. Les flammes se propagent à une vitesse fulgurante, alimentées par les matériaux particulièrement inflammables utilisés pour la décoration intérieure.
Très vite, les danseurs tentent de s’échapper. Mais les issues de secours ont été verrouillées pour empêcher les entrées frauduleuses. À l’entrée principale, des tourniquets compliquent l’évacuation.

146 morts en quelques minutes
La discothèque se transforme en piège mortel. En quelques minutes, les flammes, les fumées toxiques et la panique ne laissent pratiquement aucune chance aux personnes restées à l’intérieur.
Le bilan est effroyable : 146 morts, pour la plupart âgés de 15 à 25 ans. Certaines familles perdent plusieurs enfants dans la même nuit. La catastrophe bouleverse toute la région et provoque une immense émotion dans le pays comparable à celui qu’a suscité le drame de Crans-Montana, le 1er janvier 2026.

Le même cauchemar, 55 ans plus tard
Bien sûr, les deux tragédies ne sont pas identiques. Les circonstances exactes et les responsabilités dans l’incendie suisse font toujours l’objet d’investigations judiciaires.
Mais les similitudes sont troublantes : des jeunes réunis pour faire la fête, des matériaux favorisant une propagation extrêmement rapide du feu, des difficultés d’évacuation et, au bout du compte, des dizaines de familles endeuillées.

Une cérémonie pour ne pas oublier
Après le drame du 5-7, la France avait pris conscience des graves lacunes en matière de sécurité dans les établissements recevant du public. Pourtant, 56 ans plus tard, le drame de Crans-Montana montre que les règles, aussi strictes soient-elles, ne suffisent pas si elles ne sont pas appliquées et contrôlées avec rigueur.
À Saint-Laurent-du-Pont, le souvenir du 5-7 ne s’est jamais effacé. Pendant des décennies, les familles des victimes ont entretenu la mémoire de leurs proches. Aujourd’hui, la commune a pris le relais de l’association, désormais dissoute, pour organiser la cérémonie annuelle.



