À l’occasion de la Journée mondiale de l’arrêt cardiaque, une trentaine de volontaires grenoblois ont été formés jeudi 16 octobre au CHU Grenoble-Alpes pour utiliser un tout nouveau défibrillateur portable. Ce dispositif, en cours de déploiement national, permet à des secouristes amateurs d’intervenir partout, le plus vite possible, en cas d’arrêt cardiaque. Pour l’heure, seulement 500 personnes sont équipées en France.
Des secouristes du quotidien
Julie, infirmière libérale, fait partie de ces Grenoblois formés pour agir. Elle utilise déjà l’application SAUV Life, qui alerte les citoyens volontaires lorsqu’un arrêt cardiaque survient à proximité.“J’ai déjà été appelé pour aider à domicile à 4 heures du matin, je suis arrivé mais les secours étaient déjà sur place”, raconte-t-elle. SAUV Life compte aujourd’hui 785 000 inscrits en France, dont 30 % de professionnels de santé. Les volontaires reçoivent une notification s’ils se trouvent à moins de dix minutes à pied du lieu de l’incident. Grâce à ce dispositif, 10 à 15 vies sont déjà sauvées chaque année.
Un défibrillateur simple et intuitif
Fabriqué en Australie et distribué par l’association Tatondef, ce défibrillateur compact s’active d’un geste : il suffit de le casser en deux pour qu’il guide vocalement l’utilisateur.“L’appareil analyse le rythme cardiaque, décide s’il faut délivrer un choc, puis donne le tempo pour le massage cardiaque”, détaille Alban Vialla, cofondateur de l’association.
Gagner des minutes précieuses
En France, 50 000 personnes meurent chaque année d’un arrêt cardiaque. Chaque minute perdue représente 10 % de chances de survie en moins. Pourtant, 30 % des défibrillateurs publics sont hors service ou inaccessibles.“Si on défibrille dans les trois premières minutes, on a 70 % de chances de redémarrer le cœur”souligne Guillaume Debaty, chef de service du SAMU de l’Isère.
Grenoble, ville pilote
Grenoble fait partie des premières villes françaises à tester ce dispositif, notamment grâce à ses bons résultats en matière de secours citoyens. À Grenoble, où 450 arrêts cardiaques surviennent chaque année, 7,5 %des victimes survivent, contre 5 % en moyenne nationale.“Avant, seulement 60 % des personnes recevaient un massage cardiaque avant l’arrivée des secours; aujourd’hui, on atteint 75 %. Les mentalités changent, et SAUV Life y contribue largement”, souligne Lionel Lamhaut, fondateur de SAUV Life, qui fonctionne grâce aux dons et au mécénat.
🎥 La formation des volontaires en vidéo