Les 12 et 13 octobre, l’agglomération grenobloise va simuler une crue majeure du Drac. Au programme : renforcement de digues, évacuation d’un quartier et d’une école, et mobilisation des secours. Un exercice grandeur nature.
Que se passerait-il si le Drac connaissait une crue exceptionnelle menaçant plusieurs quartiers de l’agglomération grenobloise ? C’est le scénario catastrophe que vont tester Grenoble Alpes Métropole, les communes, la préfecture de l’Isère, les pompiers et le Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère.
Pendant deux jours, les différents acteurs de la sécurité civile vont simuler une situation de crise majeure pour évaluer leur capacité à réagir, à coordonner leurs interventions et à protéger les populations. L’exercice ne se limitera pas à des réunions de crise. Plusieurs opérations grandeur nature seront organisées sur le terrain.
Des digues renforcées et une école évacuée
Dès ce lundi matin, dans le secteur de Comboire, rue du Mont Aiguille, les équipes du Symbhi procéderont au bouclage d’un secteur et à des travaux de confortement d’un système d’endiguement.
Dans l’après-midi, la commune de Fontaine testera son organisation en situation de veille, tandis qu’un centre d’accueil sera mis en place en début de soirée à Grenoble, avec la mobilisation de la Protection civile.
Mais l’une des séquences les plus spectaculaires se déroulera mardi matin à Noyarey. À partir de 8 h 30, la commune activera son Plan communal de sauvegarde et simulera l’évacuation d’un quartier et d’une école.
Parallèlement, Grenoble Alpes Métropole mobilisera sa cellule de crise dans le cadre de son Plan intercommunal de sauvegarde, destiné à coordonner les moyens et les actions des communes face à une catastrophe.
Un premier bilan de l’exercice sera présenté mardi en fin de matinée au siège de la Métropole, en présence des représentants des collectivités, du Symbhi et de la préfecture.

Le souvenir toujours présent du drame de 1995
Cet exercice rappelle que le Drac, malgré son apparence parfois paisible, peut se révéler particulièrement dangereux. Le 4 décembre 1995, six enfants d’une école de Grenoble, et leur accompagnatrice avaient trouvé la mort lors d’une sortie scolaire sur les berges du Drac, à proximité de Saint-Georges-de-Commiers.
Une brusque montée des eaux, provoquée par un lâcher d’eau du barrage hydroélectrique de Notre-Dame-de-Commiers, avait surpris le groupe. Ce drame, qui avait profondément marqué l’agglomération grenobloise, avait mis en lumière les dangers liés aux variations soudaines du débit de la rivière.
Même si le scénario de l’exercice de cette semaine est différent, puisqu’il s’agit de simuler une crue majeure, le souvenir de cette tragédie rappelle l’importance de la prévention et de la vigilance autour du Drac.

Une semaine consacrée aux inondations
Cette simulation s’inscrit dans le cadre de la semaine « Au fil du Drac », organisée du 10 au 15 octobre autour de la prévention des inondations, de l’histoire de la rivière et de sa biodiversité.
Plusieurs rendez-vous sont proposés au public, notamment une table ronde sur l’histoire et la biodiversité du Drac, mardi 13 octobre au centre de sciences Cosmocité Pont-de-Claix à partir de 18h30.
Mercredi 14 octobre, des visites guidées des digues seront organisées à Seyssinet-Pariset, à 10 h et 14 h (au fond de la rue de Sisteron), avec les équipes chargées de leur entretien et de leur surveillance.
Enfin, jeudi 15 octobre, une rencontre, toujours à Seyssinet-Pariset, permettra de découvrir, avec l’historien spécialiste des crues Denis Coeur et un représentant des sapeurs-pompiers de l’Isère, comment s’organise la gestion d’une crise.
