C’est l’un des fleurons industriels de la vallée du Grésivaudan. Un symbole même. Une entreprise fondée par Mathieu Teisseire en 1720. La distillerie familiale fabriquant des boissons à base de fruits et de plantes est devenue en trois siècles un poids lourds du secteur des sirops avec plus de 80 millions de litres de sirops par an. Rachetée par un groupe anglais en 2010, lui même racheté en 2024 par le groupe danois Carlsberg, l’entreprise est restée basée en Isère, à Crolles.
En forte baisse d’activité depuis 4 ans en raison du recours croissant à la sous-traitance dans la production, l’usine traverse une période de fortes tensions en ce moment et les salariés redoutent un plan social ou une éventuelle cession de l’activité du site, alors que la direction reste silencieuse sur les perspectives industrielles.
Les inquiétudes ne sont pas nouvelles. Dès 2021, des alertes avaient déjà été émises sur un possible risque de délocalisation, à l’époque démenti par la direction. Mais depuis, la situation se serait aggravée. Les syndicats mettent en avant un manque d’investissements dans les infrastructures, perçu comme un signe avant-coureur d’un désengagement industriel.
Les représentants syndicaux dénoncent un climat de plus en plus anxiogène et regrettent l’absence d’informations précises concernant l’avenir de l’usine. La mobilisation des salariés s’est intensifiée ces derniers jours devant le site isérois, Selon la CGT, la grande majorité des ouvriers – environ 80 % – ont cessé le travail, rejoints par près de 30 % des salariés du siège social qui se trouve également à Crolles. Une réunion avec la direction, prévue ce jeudi, apportera peut-être des réponses. Ils sont nombreux à redouter une annonce grave et violente…
Photo : Travailleur alpin
🎥 Dans les coulisses de l’usine Teisseire de Crolles à l’occasion des 300 ans de l’entreprise