C’est une publicité qui tombe mal en cette période de soldes. Alors que certains commerces grenoblois de proximité spécialisés dans l’habillement peinent à survivre, les bus de la métropole font la promotion depuis quelques jours de Shein, la marque chinoise du e-commerce, emblème de l’ultra fast fashion et symbole d’un modèle destructeur pour l’environnement.
Plusieurs élus se sont émus de cette promotion ambulante inappropriée, comme la conseillère régionale centriste Sandrine Chaix qui se demande « Si c’est vraiment le rôle d’un service public que de relayer ce type de communication, aux antipodes de l’économie locale et durable que nous voulons défendre ? ». L’élue, qui vise la mairie de Meylan en mars prochain, rappelle que Shein propose sur son site « des produits à la qualité douteuse, souvent non conformes aux normes européennes, à l’impact écologique désastreux avec des employés sous-payés, soumis à des cadences intenables. »
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a d’ailleurs infligé il y a quelque jours plus de 41 millions d’euros d’amende au géant chinois pour pratiques commerciales trompeuses, en particulier sur la réalité des promotions et de ses affirmations sur le respect de l’environnement.
Du côté de la société M’Tag gestionnaire du réseau de transports en commun de l’agglomération grenobloise, on renvoie la balle au prestataire chargé, par contrat, de commercialiser les espaces publicitaires sur les bus et les trams. Un prestataire qui ne serait pas tenu d’informer M’Tag des annonceurs sélectionnés. Le contrat stipule simplement que les espaces publicitaires doivent être vendus en majorité à des annonceurs privés basés en Isère ou en Auvergne-Rhône-Alpes et que le message ne doit en aucun cas revêtir un caractère religieux, politique ou contraire aux bonnes mœurs, à la morale ou à l’ordre public. Rien donc qui, légalement, empêche de vendre une publicité à Shein. D’autant qu’en France, la loi interdit le refus de vente sans un motif légitime. Et visiblement la sauvegarde de l’environnement ne fait pas (encore ?) partie de ces motifs légitimes…