Après six années chaotiques, le Groupement hospitalier mutualiste de Grenoble va être repris par la Fondation Boissel. Une victoire pour les défenseurs de la clinique, ternie par la suppression annoncée d’une centaine d’emplois.

C’est l’aboutissement de six années de combat pour les défenseurs de la clinique mutualiste de Grenoble. Le tribunal judiciaire a choisi la Fondation Boissel pour reprendre le Groupement hospitalier mutualiste désormais baptisé « Cité hospitalière des Alpes ».

Une décision accueillie avec soulagement par les Amis des cliniques mutualistes de Grenoble et l’Union de quartier Berriat-Saint-Bruno-Europole. Le choix d’une fondation à but non lucratif marque la fin de l’ère Bernard Bensaid et du groupe Doctegestio, devenu AVEC, dont la gestion était vivement contestée depuis la cession de l’établissement en 2020.

Une centaine de licenciements

Mais cette victoire est amère : la reprise s’accompagne du licenciement annoncé d’une centaine de salariés, une conséquence jugée particulièrement injuste par les associations.

Les collectifs saluent le résultat d’une longue mobilisation citoyenne et syndicale, soutenue par Grenoble Alpes Métropole puis par la Ville de Grenoble. Ils dénoncent toutefois l’inaction des pouvoirs publics et des instances mutualistes face aux dérives financières présumées de l’ancien gestionnaire.

Clinique Mutualiste

Six ans de combat et un procès à venir

Pour les défenseurs de la clinique mutualiste, cette reprise constitue donc une étape décisive, mais pas la fin du combat. Bernard Bensaid doit être jugé le 2 février 2027 pour des faits présumés de prise illégale d’intérêts et de détournement de fonds publics. Il bénéficie de la présomption d’innocence.

Les associations poursuivent également leur action pour contester la cession de 2020. Elles réclament notamment la restitution de 9,2 millions d’euros versés à un fonds de dotation et remettent en cause la vente des murs de la clinique à Icade Santé pour 50 millions d’euros. Selon elles, le retour de ces bâtiments dans le patrimoine du GHM permettrait d’économiser plus de 3 millions d’euros de loyers annuels, qui pourraient être consacrés aux soins et à l’emploi.

La Fondation Boissel à la reprise

Du côté du repreneur « la priorité est de sécuriser l’existant et de redonner des perspectives à un établissement essentiel pour le territoire avec la volonté de préserver ce qui fait la force et l’identité de la Mut’.» explique Heidi Giocacchini, déléguée générale de la Fondation Georges Boissel.

Implantée sur l’ensemble du territoire isérois, cette fondation s’appuie sur un réseau d’une douzaine d’établissements et près de 1 000 professionnels. Elle développe des actions complémentaires allant du soin à l’insertion par le logement et le travail, au service des besoins des territoires.