Christophe Barret, Procureur général de Grenoble sur le narcotrafic

Depuis plus d’un an, la métropole grenobloise connaît une hausse spectaculaire de la criminalité liée au trafic de stupéfiants. Ce phénomène s’est traduit par une série de fusillades, d’attaques à la grenade et autres règlements de comptes. 

Face à une criminalité en forte hausse liée au narcotrafic, Grenoble s’alarme aussi d’un possible réseau de corruption interne. En octobre 2024, une opération de police sabordée dans le quartier Saint‑Bruno soulève des soupçons : des policiers auraient informé des trafiquants, menant à la fuite des cibles visées.Sur le plateau du JT de téléGrenoble, le procureur général près la cour d’Appel de Grenoble, Christophe Barret alerte sur la « terrible tenaille » mêlant violence et argent sale, compromettant la confiance dans les institutions.

Opération sabotée à Saint‑Bruno : enquête en cours

Le 8 octobre 2024, une opération ciblée sur un point de deal à Saint‑Bruno a tourné court : les appartements visés étaient vides à l’arrivée des forces de l’ordre, portes ouvertes, clés laissées sur place. Selon le Dauphiné Libéré, une enquête préliminaire a été ouverte pour déterminer l’origine de la fuite. Des soupçons de corruption parmi certains policiers sont au cœur de cette investigation.Le procureur ne souhaite pas commenter ce dossier spécifique : cette enquête est menée par ses collègues sous son autorité, mais il replace ce cas dans un cadre plus large.

La « terrible tenaille » : peur + corruption, le pouvoir destructeur

Interrogé à la rentrée de janvier, Christophe Barret a dénoncé la combinaison explosive entre la violence des trafics et la corruption liée à l’argent sale.Il souligne que ce pouvoir est corrosif pour toutes les institutions judiciaires (police, magistrats, greffe, avocats…) et même les acteurs de terrain, professionnels ou citoyens susceptibles d’être influencés ou intimidés.Le procureur rappelle que des magistrats peuvent être placés sous protection si nécessaire, mesures prises dans la discrétion pour garantir l’efficacité.

Hausses spectaculaires de la violence : bilan 2024‑2025

2024 : Grenoble et sa métropole ont enregistré une explosion des violences liées au narcotrafic, avec de nombreux règlements de comptes, fusillades (dont 17 au milieu de l’année), attaques à la grenade, incendies criminels et assassinats dans l’agglomération.
2025 : plusieurs incidents graves (fusillades, attaques, assassinats) signalés à Grenoble et environs.

Christophe Barret confirme une stratégie judiciaire durcie :

Ciblage des organisateurs du trafic,
Poursuites pour blanchiment et corruption,
Saisies patrimoniales pour s’attaquer aux financements illégaux.
Il insiste : l’État de droit doit rester le cadre, sans céder face à la peur ou à l’argent.

Christophe Barret met en garde contre ce double péril : une criminalité ultraviolente couplée à la corruption, qui peut miner le système judiciaire et la sécurité publique. L’échec de l’opération à Saint‑Bruno est emblématique d’un phénomène bien plus large. Son message est clair : seule une action judiciaire rigoureuse et soutenue pourra permettre d’endiguer ce cycle et restaurer la confiance dans les institutions. 

 

 🎥 Retrouvez en intégralité l’interview du procureur dans le HT de TéléGrenoble du 2 juillet 2025

                                                                                                                      

Partager cet article