L’assemblée départementale de l’Isère a tranché. À l’issue d’une procédure d’appel d’offres de plus d’un an, le contrat de concession de l’aéroport de Grenoble Alpes Isère est attribué au groupement mené par Edeis. L’entreprise, qui gère déjà une vingtaine de plateformes en France, prendra les commandes à partir du 1er juillet 2026 pour une durée de 12 ans, succédant à Vinci Airports. Le Département attend du nouveau délégataire un engagement fort sur la décarbonation, le développement du trafic et le tourisme « quatre saisons ».
Nouveau contrat pour la plateforme iséroise
Le renouvellement du contrat de Délégation de Service Public (DSP) de l’aéroport de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs était attendu. Le Département de l’Isère a retenu l’offre du groupement Edeis Concessions – CB Autocars, la jugeant la plus à même de répondre à ses objectifs stratégiques. Vinci Airports, exploitant historique depuis 17 ans, n’a pas vu sa convention prolongée. L’ambition du Département est claire : renforcer la position de l’aéroport comme porte d’entrée vers les stations de montagnes et développer le trafic au-delà de l’activité hivernale prédominante. Il souhaite également un engagement exemplaire pour la décarbonation de la plateforme et le soutien à l’aviation décarbonée.
Un plan d’investissement de 11,9 millions d’euros
Le choix en faveur d’Edeis est largement motivé par son offre financière et son plan d’investissement, jugé « la meilleure proposition ». Le groupement s’engage à injecter 11,9 millions d’euros sur la durée de la DSP. Ces investissements sont destinés à la modernisation, à la performance environnementale et à l’amélioration de l’expérience utilisateur, notamment via : La création d’un nouvel espace dans l’aérogare (Lounge des Alpes), l’électrification de la flotte et la gestion patrimoniale. l’augmentation des capacités de stationnement des avions. Edeis projette d’atteindre un trafic annuel moyen de 335 600 passagers, un chiffre supérieur à celui enregistré sous l’ancienne concession (305 000 passagers/an). La contribution financière du Département aux investissements sera de 50 %, contre 70 % auparavant.
Inquiétudes des salariés et débats à l’hémicycle
Malgré l’obligation contractuelle pour Edeis de reprendre l’ensemble des 40 salariés permanents de l’aéroport, l’inquiétude était palpable au sein du personnel. Les représentants syndicaux craignent notamment la perte des synergies opérationnelles qui existaient avec les aéroports voisins de Lyon et Chambéry, tous deux gérés par Vinci.
Sur le plan politique, le vote a soulevé des critiques. Le groupe écologiste a voté contre, proposant une vente pure et simple de l’équipement pour cesser un déficit annuel coûteux. Le groupe de gauche s’est abstenu, s’interrogeant sur les garanties sociales et la pertinence d’une stratégie « quatre saisons » peu détaillée.
Le président du Conseil départemental, Jean-Pierre Barbier, a tenu à remercier Vinci Airports pour les 17 années écoulées, tout en assurant qu’il restera « vigilant et exigeant » envers Edeis pour le respect de ses engagements. Vinci dispose désormais d’un délai de 14 jours pour faire appel de cette décision.