Le CHU Grenoble Alpes vient de communiquer sur une étape majeure franchie dans la lutte contre le cancer du pancréas. Pour la première fois en Europe, une équipe grenobloise a implanté chez un patient une technologie innovante de radiothérapie interne ciblée. Une avancée porteuse d’espoir pour des malades confrontés à des tumeurs aujourd’hui inopérables.

Le 22 avril dernier, les équipes du CHU Grenoble Alpes ont réalisé la première implantation européenne du dispositif DaRT (Diffusing Alpha Radiation Therapy), dans le cadre de l’étude clinique ACAPELLA coordonnée par le professeur Gaël Roth, oncologue digestif au CHU et à l’Université Grenoble Alpes.

Cette technologie repose sur l’implantation de micro-bâtonnets de titane recouverts de radium 224 directement dans la tumeur. L’intervention se déroule sous anesthésie générale, sans chirurgie lourde, grâce à un endoscope introduit par les voies digestives.

À travers la paroi de l’estomac, les médecins positionnent ensuite plusieurs dizaines de sources radioactives directement au cœur de la tumeur. Dans le cas du premier patient traité à Grenoble, près de 80 aiguilles ont dû être implantées afin de quadriller précisément une tumeur d’environ 4,5 centimètres. La procédure demande une coordination importante entre oncologues, gastro-entérologues, radiothérapeutes, physiciens médicaux et endoscopistes. Des médecins canadiens, déjà familiers de cette technique testée outre-Atlantique, étaient également présents au CHU pour accompagner cette première européenne. L’objectif est de délivrer une irradiation extrêmement localisée pour limiter les dégâts sur les tissus sains du pancréas, particulièrement fragiles.

Un cancer particulièrement difficile à traiter

Le cancer du pancréas reste aujourd’hui l’un des cancers les plus agressifs. En France, environ 16 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, contre seulement 4 000 au début des années 1990. Son incidence progresse d’environ 4 % par an depuis trois décennies. Le pronostic reste très sombre : seuls 10 à 20 % des patients peuvent être opérés et le taux de survie à cinq ans demeure proche de 10 %. "Le cancer du pancréas est extrêmement difficile à traiter, et la situation non opérable mais restant localisée au pancréas touche 30 à 40 % des patients", rappelle le professeur Gaël Roth. "Cette nouvelle technique mini-invasive ouvre un nouvel espoir de permettre aux patients d’accéder à une pause thérapeutique afin d’améliorer leur qualité de vie, voire de leur permettre d’être opérés pour certains."

Une autre avancée majeure publiée dans Nature

En parallèle d’ACAPELLA, le CHU Grenoble Alpes pilote également l’étude LAPNET-1, publiée en avril 2026 dans la revue scientifique Nature. Cette recherche évalue un nouvel anticorps thérapeutique, le NP137, destiné à lutter contre la résistance des cellules cancéreuses aux traitements. Contrairement à ACAPELLA, qui cible directement la tumeur par irradiation interne, cette étude s’intéresse aux mécanismes biologiques qui rendent le cancer du pancréas particulièrement agressif et résistant à la chimiothérapie.

Le NP137 cible une protéine appelée nétrine-1, impliquée dans la chimiorésistance et la progression tumorale. Associé au protocole de chimiothérapie FOLFIRINOX, traitement de référence dans les formes avancées, cet anticorps a montré des résultats jugés encourageants sur la réponse thérapeutique et la survie de certains patients. Une étude de phase 2 doit désormais débuter à partir de 2027 afin de confirmer ces premiers résultats.

🎥 Les explications en images fournies par le CHUGA

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