Une délivrance offensive, un nouveau chouchou, un hommage chargé d’émotion ou un jeune papa dans la cage : ce match 7 entre Grenoble et Angers n’a pas seulement offert un ticket pour la finale. Il a aussi rempli le cahier des anecdotes qui donneront un autre relief à cette saison à rebondissements…

Le beau doublé de Deschamps après sa plus maigre stat

Ses deux buts auront soulagé l’équipe et le public au meilleur moment… et lui aussi ! Lui qui restera comme l’un des meilleurs pointeurs et buteurs de la Ligue Magnus depuis son arrivée en France, le Canadien n’avait marqué que 2 buts entre le 4 mars et le 8 avril. « Ça ne m’est jamais vraiment arrivé d’avoir une période aussi longue sans aider l’équipe offensivement… J’ai essayé de continuer à travailler et créer des occasions, je savais que c’était pour revenir à un certain moment, et puis c’est arrivé au match 7, tant mieux que ça clique ce soir ! » Mais comme le capitaine assistant ne s’attarde jamais trop sur son propre cas, il rend à chacun sa part de gâteau : « Tout le monde a pu participer aux buts, les block-shots, les mises en échec, les défenseurs ont fait un gros match, Pinta a été solide… tout le monde a fait un gros match ! »

Sacha Treille et la météo

Le capitaine, lui aussi auteur d’un beau doublé mercredi soir, confirme sa (grande) forme physique malgré un mental durement mis à l’épreuve sur cette série… Pour autant, il n’est pas fâché de prolonger encore la fin de saison : « On sait que, la semaine prochaine, soit il fait beau et tu pars en vacances, soit tu gagnes et ça continue… et avec la météo de la semaine prochaine, ça ne donnait pas envie de partir tout de suite donc on est content ! »

L’hommage au « doc » Benoît Messin

Quelques heures après l’euphorie du titre l’an dernier, les Grenoblois avaient été brutalement endeuillés par le décès du médecin du club Benoît Messin. Une personnalité, qui avait veillé sur les organismes comme sur le bien-être des joueurs pendant plus de 30 ans. Un an jour pour jour après sa disparition, les Brûleurs de Loups lui ont rendu hommage avec une minute d’applaudissements précédant le coup d’envoi du match.
«J’en ai même rêvé hier » avouait Sacha Treille. « C’est particulier… des moments qui sont restés douloureux dans nos cœurs de Grenoblois. On avait une grande pensée, et je pense qu’il était encore aux premières loges ce soir pour nous regarder. »

Un carnet rose… et un code du travail ?

Absent lors du match 5 pour une raison autrement plus heureuse, le portier Matija Pintaric avait quitté Angers en urgence pour rejoindre Grenoble et assister à la naissance de sa fille ! Laissant sa place dans la cage à Jakub Stepanek. Un aller-retour express, chargé d’émotions… et sans doute un peu trop rapide sur le plan administratif. Car comme l’a révélé Le Courrier de l’Ouest — qui en a même informé le club angevin — le gardien grenoblois n’aurait pas respecté les trois jours de congé paternité prévus par le Droit du travail. Une irrégularité que les Ducs d’Angers ont choisi de ne pas contester, préférant rester fair-play. Sur la glace en revanche, Pintaric n’a rien laissé au hasard, livrant une prestation solide pour accompagner Grenoble jusqu’en finale… « Il avait à cœur de revenir à 100% », commente Sacha Treille. « Parce que, quand on monte en émotion comme ça, on ne sait pas trop à quoi s’attendre et il a répondu de la meilleure des manières, et encore félicitations pour cette famille qui s’agrandit ! »

Le gardien des brûleurs de loups matira pintaric devant la cage pendant une demi-finale de hockey
Matija Pintaric, jeune papa de retour devant la cage – Photo ©Mickaël Favard

Pierre Crinon et l’applaudimètre…

Les adversaires ont bien tenté à maintes reprises de provoquer l’ire du défenseur grenoblois, de retour depuis le match 6 à Angers, après une suspension de 8 rencontres pour un balayage dangereux en quart de finale… Lui qui avait déjà été suspendu à l’automne pour 7 matchs après une bagarre avec le gardien d’Angersqui l’a ensuite poursuivi en Justice – le Grenoblois n’a cette fois répondu que par la force de sa technique de défense, en gardant la tête froide… tout en faisant chauffer l’applaudimètre à chacun de ses faits de match ! Surtout qu’un fan-club haut en couleurs a fait son apparition en tribunes… PoleSud aurait trouvé un nouveau chouchou ?

Un jour… et ça repart !

A raison de 44 matchs de saison régulière, et déjà 12 matchs de play-offs, le calendrier de la Ligue Magnus met les organismes à rude épreuve depuis fin août… sans compter les 10 matchs de Coupe d’Europe, 5 matchs Coupe de France et 2 matchs amicaux pour les Brûleurs ! Et le pompon, c’est que les Grenoblois n’auront… qu’un jour pour souffler : la finale débute déjà ce vendredi 10 avril, elle se poursuit samedi, toujours à PoleSud, Grenoble ayant l’avantage de la glace sur Bordeaux. Ces mêmes Bordelais, qui ont croqué Rouen en 4 matchs de demi-finale, se préparent depuis une semaine.

A qui profitera ce décalage ? On se souvient qu’en 2024, Bordeaux avait bataillé pendant 7 matchs en quarts pour se qualifier in-extremis aux dépens de Marseille… pendant que Grenoble, confortablement qualifié en 4 matchs, préparait ses demi-finales. Bordeaux avait finalement battu… Grenoble en 4 matchs !

Les Brûleurs de Loups affrontent les Boxers de Bordeaux en finale de Ligue Magnus, vendredi 10 et samedi 11 avril, patinoire PoleSud. Ils se déplacent à Bordeaux mardi 14 et mercredi 15 avril. La finale se joue au meilleur des 7 matchs possibles.

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