Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015, François Giroud, père de Matthieu Giroud, tué au Bataclan, revient sur une décennie de deuil sans apaisement. Entre cérémonie du 10e anniversaire et le risque terroriste toujours présent, il rappelle la nécessité de ne pas oublier.
“Dix années qui forment un bloc”
Pour François Giroud, ces dix années ne se sont jamais vraiment écoulées : “Ces dix années, elles constituent un bloc qui est le même depuis le 13 novembre 2015”, confie-t-il. La douleur reste vive, quotidienne : “On ne s’en remet pas. On y pense tous les jours. Sa photo est sur le piano dans la salle de séjour… On n’oublie pas.”
Une cérémonie nationale“très importante”pour les victimes
Le 13 novembre 2025, François Giroud et sa famille participent à la cérémonie du dixième anniversaire à Paris, marquée par l’inauguration d’un jardin mémorial : “Ça a été un moment très, très important. On a senti une commémoration de niveau national. Quand la cérémonie a commencé et qu’on a entendu les cloches de Notre-Dame et des grandes églises de Paris, moi, j’ai pleuré.”À Jarrie, la commune natale de Matthieu, le maire Raphaël Guerrero a aussi souhaité marquer le coup autour de la stèle installée en sa mémoire : dépôts de fleurs, messages, même une petite sculpture.
“Est-ce que j’y vais ? Est-ce que j’y vais pas ?”
Ce qui hante particulièrement le père, c’est l’hésitation de son fils avant de se rendre au Bataclan : “Après avoir hésité, puisqu’Aurélie, sa compagne, était enceinte… Il a dit :“Est-ce que j’y vais ? Est-ce que j’y vais pas ? Est-ce que je te laisse seule ou pas ?” Puis voilà, ça, c’est le destin.”
Justice restaurative :“pour le terrorisme, ce n’est pas possible”
Face à la volonté de Salah Abdeslam, membre du commando condamné en 2022, de rencontrer certaines victimes dans le cadre de la justice restaurative, François Giroud est catégorique : “Non, absolument pas ! Si on mettait sur un plateau la somme de souffrance des 130 victimes, des 450 blessés, des 1200 parties civiles et des 8000 personnes impactées, et dans l’autre la peine de quelqu’un qui a participé à ces attentats…”Pour lui, aucun rééquilibrage n’est possible : “Notre fils, lui, a été condamné à mort, à vie.”
“Le terrorisme, c’est toujours là”
Si François Giroud accepte de témoigner, c’est aussi pour rappeler que la menace n’a pas disparu. Plusieurs attentats ont été déjoués depuis le début de l’année et même 86 en 10 ans. Mais il garde un “gros regret” sur la période d’avant les attentats du 13 novembre :“des signaux existaient, l’hypothèse d’un attentat dans une salle de concert rock, Bataclan compris, avait été évoquée.”
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