Il aura fallu s’armer de patience ce vendredi matin au pied des remontées mécaniques. Les premiers skieurs ont attendu près de cinquante minutes avant de voir les portillons des télésièges s’ouvrir. La raison ? Une situation nivologique exceptionnelle qui a nécessité de nombreux déclenchements préventifs.

« Personnellement, je n’avais jamais vu autant de neige aux 7 Laux », confie Jean-François Genevray, directeur de la station. Dès l’aube, ses équipes de pisteurs étaient mobilisées sur le terrain pour procéder aux opérations de déclenchement. Objectif : purger les pentes les plus instables avant toute ouverture au public.

À la Jasse, l’ampleur des coulées a particulièrement marqué les esprits (voir la vidéo ci-dessous prise par Jean-François Genevray). « Toute la face est partie. La coulée est arrivée jusqu’au lac et a brisé la glace. On a même senti le souffle remonter jusqu’à nous », précise le directeur. De mémoire d’anciens, un tel épisode n’avait pas été observé depuis au moins trente ans. Certaines cassures dépassaient les deux mètres d’épaisseur !

Un dispositif de sécurité d’envergure

Habituée aux fortes chutes de neige, la station des Les 7 Laux dispose d’un Plan d’Intervention pour le Déclenchement des Avalanches particulièrement dense. « Notre PIDA comporte 250 points de tir. Rien que pour sécuriser la piste des Vallons du Pra, il y en a 48 », détaille Jean-François Genevray. À titre de comparaison, les stations voisines de Chamrousse et du Collet d’Allevard n’ont besoin de sécuriser qu’une quinzaine de points après d’importantes chutes de neige.

Ce vendredi, avec un risque fort d’avalanche, une partie des opérations a été menée par hélicoptère. Des charges de dynamite ont été larguées sur les zones les plus sensibles. Un travail minutieux, qui exige du temps et une coordination sans faille. Face aux skieurs massés au pied des remontées, la direction assume la prudence. « Même si les gens attendent, par risque 4 on ne se met aucune pression. On ouvre uniquement quand on estime que le domaine est sécurisé », insiste le directeur.

« Aucune pression » malgré l’attente

Les skieurs ont finalement été libérés à 9 h 50 pour profiter de conditions de glisse, là aussi, exceptionnelles. Seul le télésiège du Gypaète qui dessert le sommet de la station et plusieurs secteurs hors-piste particulièrement exposés est resté fermé toute la journée. Avec le vent qui soufflait en altitude, des plaques pouvaient se reformer rapidement.

Aux 7 Laux, aucune coulée n’est venue perturber le plaisir des amateurs de poudreuse ce vendredi mais malheureusement, à Val d’Isère, une avalanche d’ampleur a tué trois skieurs qui évoluaient avec un moniteur à proximité d’une piste rouge. Un nouvel accident dramatique qui vient rappeler que sécuriser un domaine skiable est un défi loin d’être simple à relever.

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