Devant près de 500 personnes réunies au Palais des Sports, Laurence Ruffin a présenté jeudi soir sa liste « Oui Grenoble » et les grandes lignes de son programme municipal.

Jeudi 5 février au soir, le meeting de Laurence Ruffin a rassemblé environ 500 personnes sous les rythmes d’une batucada et d’un show de hip-hop, dans le hall du Palais des Sports transformé en agora citoyenne.

Portée par une coalition rassemblant les écologistes, le Parti socialiste, le Parti communiste, Ades et Go Citoyenneté, la candidate de la gauche « écologiste et citoyenne » a donné le ton d’une campagne qu’elle veut « coopérative », « protectrice » et « inventive », pour répondre à la fois aux urgences sociales et aux défis climatiques.

Public meeting Laurence Ruffin palais des Sports
Environ 500 personnes étaient présentes au Palais des Sports jeudi 5 février 2026

« Nous avons besoin aujourd’hui à Grenoble d’un nouveau projet »

Sans jamais prononcer le nom d »Eric Piolle, Laurence Ruffin a clairement acté une prise de distance politique. Si elle a revendiqué la continuité écologique et dit toute sa « fierté » pour « la première grande ville écologiste de France en 2014 », elle a insisté sur la nécessité d’un changement de méthode. À la tribune, elle a affirmé que Grenoble avait aujourd’hui « besoin d’un nouveau projet, d’un nouveau cycle, exigeant sur le fond, apaisé sur la forme ».

Face aux critiques formulées ces derniers mois sur la gouvernance municipale, la candidate a mis en avant une autre manière de faire de la politique, promettant « la coopération » et « faire ensemble », rappelant que « la coopération, c’est l’histoire de ma vie ». Résidente de Grenoble depuis vingt ans, elle a souligné son attachement personnel à la ville, expliquant qu’elle avait hésité avant de « sauter dans le grand bain » politique, avant de décider de « s’y plonger tout entière » pour « apporter de la considération à chacune et chacun ».

33 propositions pour 2033 : justice sociale et services publics renforcés

Cœur de la soirée, la présentation du programme s’est articulée autour de « 33 propositions pour 2033 ». Laurence Ruffin a défendu un projet qu’elle qualifie de « fidèle aux valeurs de Grenoble et efficace dans ses actions », décliné autour de plusieurs axes structurants.

meeting Laurence Ruffin pancarte

Parmi les mesures annoncées figurent la mise en place d’un référendum citoyen, une tarification « parent solo » pour la cantine et le périscolaire, la création de deux centres de santé municipaux, l’ouverture de la piscine Jean-Bron toute l’année, ou encore la gratuité des transports en commun le week-end. La candidate propose également la création d’une halle « conviviale et ouverte » en centre-ville, ainsi qu’une « sécurité sociale de l’alimentation » et un revenu de solidarité jeunes.

Sur le terrain de la sécurité, Laurence Ruffin a assumé une proposition forte avec la création d’une police municipale de quartier renforcée par 50 agents supplémentaires, tout en insistant sur une approche de proximité et de prévention. Autre projet emblématique mis en avant : la possibilité de se baigner dans l’Isère, « parce que ça crée du lien dans la ville, parce que ça rafraîchit les jours de canicule et parce que ce sont des moments de plaisir », affirmant que son équipe avait « vu que c’était possible, avec des précautions, alors on va le faire ».

Une liste largement renouvelée, sans Eric Piolle

Autre temps fort du meeting : la présentation complète de la liste « Oui Grenoble avec Laurence Ruffin », composée de 61 noms pour 59 sièges au conseil municipal. La première information marquante reste l’absence d’Eric Piolle, qui laissait encore planer le doute sur une présence symbolique en dernière position. Cette décision confirme la volonté de la candidate de se démarquer du bilan des deux derniers mandats.

Liste municipales Grenoble 2026 Oui Grenoble avec Laurence Ruffin
Les candidats de la liste « Oui Grenoble » ont présenté les 33 propositions pour 2033.

La liste affiche près de 75 % de renouvellement. Seule une douzaine de membres de l’actuelle majorité figurent en position éligible, parmi lesquels Gilles Namur, Alan Confesson, Antoine Back, Kheira Capdepon ou Margot Belair, placée en cinquième position. On y retrouve également des figures issues des partis et mouvements de gauche partenaires (8 du Parti Socialiste), ainsi que des personnalités de la société civile.

Parmi les candidats, la socialiste Amandine Germain occupe la troisième position, après avoir renoncé à une candidature autonome pour rejoindre l’union. La présence de Mohamed Belhadj, ancien collaborateur de la préfecture et du ministère de l’Intérieur, ou celle de l’universitaire Serge Slama en fin de liste, illustre l’ouverture revendiquée par Laurence Ruffin.

En avant-dernière position, la candidature symbolique de Raymond Avrillier, figure historique de l’écologie grenobloise et connu pour avoir dénoncé le système Carignon dans les années 1990, vient rappeler l’ancrage militant de la liste. Plus de trente ans après, l’ancien maire et son opposant historique pourraient à nouveau se retrouver face à face lors de ce scrutin municipal.

La députée de l’Isère Cyrielle Chatelain était présente, tout comme le collectif « Memes grenoblois », très suivi sur les réseaux sociaux et auteur du livre Petit narvalo, venu afficher son soutien.

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