Il y a un an jour pour jour, le 8 septembre 2024, Grenoble était frappée par un drame qui a bouleversé toute la ville. Lilian Dejean, 49 ans, agent municipal chargé de la propreté urbaine, perdait la vie après avoir tenté d’empêcher un automobiliste impliqué dans un accident de prendre la fuite. Touché par deux balles en plein thorax, il s’est effondré boulevard Jean-Pain à quelques mètres de l’Hôtel de Ville. L’émotion avait été immédiate avec notamment une marche blanche et un soutien massif apporté à sa famille et à ses collègues.
Une cavale de 74 jours et une traque internationale
Très vite, les enquêteurs identifiaient un suspect de 25 ans grâce aux papiers retrouvés dans le véhicule en cause. Le 16 septembre, un mandat d’arrêt européen était lancé, la justice estimant que l’homme avait quitté le territoire. Mobilisant près de 40 enquêteurs, la traque s’est étendue au-delà des frontières françaises. Le 21 novembre 2024, le suspect, Abdou Diallo, originaire de Saint-Martin-d’Hères, était finalement interpellé près de Porto, au Portugal. Extradé vers la France, il a été mis en examen le 1er décembre pour meurtre avant d’être placé en détention provisoire.
Trois autres personnes mises en examen
Un an après les faits, l’instruction judiciaire est toujours en cours. Abdou Diallo reste incarcéré en détention provisoire. Trois proches qui l’auraient aidé à fuir ont été mis en examen au cours de l’été. Il s’agit de sa belle-sœur, 21 ans, qui a été en contact au téléphone à de nombreuses reprises avec le fuyard pendant sa cavale. Les deux autres sont des amis qui ont pris en charge l’accusé quelques heures après le meurtre pour l’exfiltrer de Grenoble. Ces deux hommes âgés de 31 et 27 ans sont très connus de la justice cumulant à eux deux 15 mentions sur leur casier judiciaire.
La compagne du suspect protégée par la loi
Un quatrième acteur est dans le collimateur de la justice : la compagne d’Abdou Diallo qui semble avoir été à la manœuvre pour organiser sa fuite. Mais à ce stade, elle ne peut pas être poursuivie car la loi française dispense une personne de l’obligation de dénoncer un crime si l’auteur est son conjoint.
Au printemps dernier, Lilian Dejean a reçu, à titre posthume, la Légion d’honneur. Une reconnaissance nationale pour ses trente années de service et son engagement jusqu’au dernier instant. Une plaque commémorative a également été dévoilée ce lundi sur les lieux du drame.