Ce week-end des 25 et 26 avril, le refuge de APAGI au Le Versoud accueille le public pour ses journées portes ouvertes. Derrière l’événement, une réalité plus tendue : la saturation des structures, qui doivent accueillir les animaux saisis, abandonnés ou victimes de maltraitance, quelques mois après la suspension du pôle Enquête de la SPA du Dauphiné…
Il suffit de jeter un œil sur la page des chiens à adopter, sur le site web de l’Apagi : en moins de six mois, les bergers belges malinois et chiens de type staff se multiplient dans les cages du refuge. Des animaux puissants, intelligents, qui demandent du temps, de l’activité et une éducation solide. Faute de quoi, les dérives s’accumulent : abandons, négligence, parfois maltraitance.
Depuis septembre 2025, les animaux saisis sur signalement ou abandonnés, sont orientés vers l’Association pour la Protection des Animaux dans l’Agglomération Grenobloise et l’Isère… car le pôle Enquête de la SPA du Dauphiné a suspendu son activité, faute de pouvoir accueillir ces profils en forte croissance. Cette semaine encore, le refuge a reçu 12 demandes d’accueil pour des chiens abandonnés et 3 signalements de maltraitance… La structure n’a pu en accueillir que 2, placés dans des familles d’accueil.
Un refuge sous pression face aux dérives des abandons
Au Versoud, la capacité des locaux (qui appartiennent à la Métropole) présente des limites – les 39 box sont toujours occupés. Les équipes de bénévoles savent s’adapter mais les démarches demandent toujours plus de temps et d’énergie : placement en familles d’accueil quand c’est possible, et recherche rapide d’adoptants. "Nous étions déjà organisés car nous réalisions des sauvetages avant la fermeture du pôle de la SPA ", explique une bénévole, "mais aujourd’hui, le volume change tout". Derrière les chiffres, des situations parfois difficiles à croire. Certains abandons reposent sur des motifs jugés "incompréhensibles" par les équipes. "Une propriétaire m’a demandé de recueillir son chien, un dogue décatégorisé, pour ‘déni de grossesse sur son chien‘… j’avoue ne pas toujours comprendre."
Certains propriétaires se tournent vers Leboncoin pour céder leur animal. Les bénévoles alertent : des profils malveillants utilisent ces circuits pour récupérer des chiens. Il arrive même que la tension monte, avec des propos menaçants de propriétaires dépassés. "Une dame, qui avait acquis un chien sur ce site, nous a demandé de le récupérer sous peine de quoi elle allait se débarrasser du chien… il faut s’organiser très vite."
Une adoption encadrée, un engagement nécessaire de passionnés
À l’APAGI, adopter ne s’improvise pas. Visites à domicile préalable, vérifications, suivi mensuel : la procédure est exigeante, à la hauteur des besoins de ces chiens. "On veut savoir à quoi l’on s’engage", résume une bénévole qui se démène depuis huit ans au nom du bien-être animal, en parallèle d’un emploi à temps plein. Les soigneurs, eux, multiplient les interventions au sein du refuge pendant qu’une centaine de bénévoles se relayent dans la semaine pour promener les chiens, et aider au bon fonctionnement de la structure en surchauffe.
Les journées portes ouvertes des 25 et 26 avril doivent permettre de rencontrer les animaux, mais aussi de sensibiliser le public à l’adoption responsable. Le message est clair : ces chiens peuvent être d’excellents compagnons, à condition d’y consacrer du temps, de l’énergie, de la constance… et surtout beaucoup d’amour.

L’APAGI recherche activement des familles d’accueil temporaire, les frais (soins, nourriture, matériel…) sont pris en charge par l’association : adressez-vous à communication.apagi@gmail.com