Dans l’agglomération grenobloise, la transition énergétique ne se joue pas uniquement sur les toits solaires ou dans les mobilités douces. Elle circule aussi sous nos pieds. Avec l’un des plus grands réseaux de chaleur urbains de France, la métropole a fait du chauffage collectif un levier stratégique pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Piloté par la Compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise pour le compte de Grenoble Alpes Métropole, le réseau alimente aujourd’hui des dizaines de milliers de logements ainsi que de nombreux bâtiments publics et tertiaires. Un réseau de chaleur, aussi appelé chauffage urbain, repose sur un principe simple : produire la chaleur en quelques points stratégiques, puis la distribuer via un maillage de canalisations souterraines.

Un chauffage collectif à grande échelle

À Grenoble, l’eau chaude produite dans différentes centrales circule dans plus de 170 kilomètres de tuyaux, traversant sept communes de la métropole. Dans chaque immeuble raccordé, une sous-station permet de transférer la chaleur vers le système de chauffage intérieur et l’eau chaude sanitaire. Ce modèle présente plusieurs atouts : mutualisation des moyens de production, meilleure efficacité énergétique, intégration facilitée des énergies renouvelables et de récupération et stabilité des coûts pour les usagers.

Biomax, vitrine d’un chauffage 100 % bois

Sur la Presqu’île scientifique, la centrale Biomax incarne le virage renouvelable du réseau. Mise en service pour renforcer la part d’énergie verte, cette unité de cogénération fonctionne exclusivement au bois local (plaquettes forestières et bois recyclé), issu de forêts gérées durablement dans un rayon d’environ 60 kilomètres autour de Grenoble. Biomax ne se contente pas de produire de la chaleur. Grâce à la cogénération, elle génère également de l’électricité — environ 37 GWh par an — via une turbine alimentée par la vapeur issue de la combustion. Côté chauffage, la centrale couvre l’équivalent de 15 000 à 20 000 logements pendant la saison froide. Un vaste système de stockage thermique permet d’absorber les pics de demande hivernaux sans recourir à des installations plus émettrices.

Chaufferie Biomax
La centrale Biomax en service depuis 2020 sur la presqu’ile scientifique de Grenoble

À Pont-de-Claix, un réseau de proximité

À l’échelle locale, la commune de Pont-de-Claix dispose également de sa propre chaufferie biomasse. Alimentée en plaquettes forestières, elle dessert des bâtiments municipaux et des logements via un réseau de proximité. Ce modèle décentralisé complète le réseau principal et illustre la volonté métropolitaine de s’appuyer sur des ressources locales pour sécuriser l’approvisionnement énergétique.

La Poterne, d’un passé charbon à un avenir 100 % bois

Autre site stratégique : la chaufferie de Chaufferie de la Poterne, mise en service dans les années 1990. Longtemps alimentée au charbon, elle a progressivement intégré une part croissante de biomasse. La métropole prévoit désormais sa transformation complète en chaufferie 100 % bois d’ici 2027-2028. Cette modernisation marque une étape symbolique dans l’abandon progressif des énergies fossiles. Objectifs affichés : supprimer définitivement le charbon, augmenter la part d’énergies renouvelables, réduire les émissions de CO₂ et de polluants et garantir la puissance nécessaire pour affronter les hivers alpins.

Plan du réseau de chaleur à Grenoble

Un réseau déjà majoritairement renouvelable

Aujourd’hui, le réseau de chaleur de l’agglomération grenobloise dessert environ 46 000 logements, alimente de nombreux équipements publics et privés et dépasse 80 % d’énergies renouvelables ou de récupération dans son mix énergétique. Outre le bois, il valorise également la chaleur issue de l’incinération des ordures ménagères et certaines sources industrielles dites « chaleur fatale », autrement perdues. L’objectif est clair : atteindre un chauffage urbain 100 % décarboné à l’horizon 2033.

👉 Dans le cadre du mois de l’énergie des visites de sites sont organisées le mercredi de 14h à 16h : Biomax les 25/02 et 11/03, la Poterne le 4/03

🎥 Découvrir les coulisses de la centrale Biomax à travers ce reportage

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