Depuis 1976, l’artothèque de Grenoble permet d’emprunter des œuvres d’art comme des livres. Une exposition revient sur cinq décennies de création, de photographie et de démocratisation culturelle.

À Grenoble, l’art contemporain se fête aussi… à domicile. Créée en 1976, l’artothèque municipale célèbre cette année ses 50 ans avec l’exposition « L’art s’emporte, 50 ans de l’artothèque de Grenoble », à découvrir jusqu’au 27 mars 2027 à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine.

L’exposition propose un voyage à travers cinq décennies de création artistique, des années 1970 aux années 2020. Une soixantaine d’œuvres, accompagnées de documents d’archives, racontent l’histoire de cette institution grenobloise et son évolution au fil des politiques culturelles et des pratiques artistiques.

De Niki de Saint Phalle à Sophie Calle

La scénographie invite les visiteurs à entrer dans une maison et à parcourir différentes pièces correspondant aux grandes périodes de l’artothèque. Au fil du parcours, les œuvres de grands noms de l’art contemporain côtoient celles d’artistes vivant ou travaillant en Auvergne-Rhône-Alpes.

Sonia Delaunay, Niki de Saint Phalle, Sophie Calle, Robert Doisneau, Pierre Soulages, Vivian Maier, Martin Parr ou encore Geneviève Asse figurent parmi les artistes représentés. L’exposition met également en lumière des créateurs du territoire, comme Françoise Vicat-Blanc, Nadine Barbançon (photo de couverture), Stéphanie Nelson, Gilles Balmet ou Sandrine Elberg.

La photographie occupe une place particulière dans cette histoire. Dès les années 1980, l’artothèque a fait le choix de développer une importante collection photographique. Elle compte aujourd’hui 908 photographies, aux côtés de 1 443 estampes et 43 dessins, soit près de 2 400 œuvres au total.

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Photographie de l’artiste franco-brésilienne Claudia Masciave : « je suis un livre »

Une artothèque pionnière en France

L’histoire de l’artothèque grenobloise commence au milieu des années 1970, dans la toute nouvelle médiathèque de Grand’Place. Le principe est alors novateur : permettre aux habitants d’emprunter des œuvres d’art et de les installer chez eux, sur le même modèle que le prêt de livres ou de disques.

Grenoble devient ainsi la première ville française à intégrer une artothèque au sein d’une bibliothèque. Le modèle inspire ensuite d’autres collectivités et contribue, dans les années 1980, au développement d’une trentaine d’artothèques en France.

Au fil des décennies, l’institution déménage, enrichit ses collections et diversifie ses acquisitions. En 2017, elle quitte définitivement Grand’Place pour rejoindre la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, boulevard Maréchal-Lyautey.

Des œuvres à emprunter gratuitement

Cinquante ans après sa création, le principe reste inchangé : rapprocher l’art contemporain des habitants en leur permettant de vivre avec une œuvre chez eux.

L’abonnement aux bibliothèques de Grenoble étant gratuit, les usagers peuvent emprunter jusqu’à trois œuvres pendant trois mois. Les associations, entreprises et collectivités peuvent, elles aussi, emprunter jusqu’à dix œuvres pour la même durée.

Vendredi 8 septembre 2017
L'Artothèque vient de quitter la bibliothèqe Kateb Yacine pour la bibliothèque d'études et du patrimoine.                                        © Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2017
© Sylvain Frappat – Ville de Grenoble

Une exposition accessible à tous

L’exposition anniversaire entend ainsi rappeler que l’artothèque n’est pas seulement un lieu de conservation. Elle constitue aussi un service public culturel, qui soutient la création contemporaine et cherche à rendre l’art accessible au plus grand nombre.

« L’art s’emporte » s’adresse aux adultes comme aux enfants. Des dispositifs spécifiques ont été prévus pour les personnes en situation de handicap, notamment en FALC et en LSF. Des ateliers, visites et rencontres avec des artistes complètent également la programmation.

👉 Programme complet à retrouver sur bm-grenoble.fr