La contestation monte à Gières autour de la fermeture annoncée d’une classe à l’école élémentaire René-Cassin. Alors que les effectifs continuent de progresser, les parents d’élèves demandent le maintien des 15 classes actuellement en fonctionnement.
Selon les représentants des parents, la décision de supprimer une classe a été prise lors de l’élaboration de la carte scolaire sur la base d’une prévision de 331 élèves pour la rentrée 2026-2027. Avec 15 classes, la moyenne devait alors s’établir à environ 22 élèves par classe. La fermeture d’une classe a finalement été actée, portant cette moyenne à près de 24 élèves.
Mais depuis cette décision, les inscriptions ont continué d’augmenter. À ce jour, 344 élèves sont déjà enregistrés pour la prochaine rentrée, soit une moyenne de 24,57 élèves par classe. Un chiffre qui se rapproche fortement du seuil de 25 élèves par classe retenu comme référence pour le maintien d’une quinzième classe. Trois inscriptions supplémentaires suffiraient à le dépasser.
Les parents soulignent que plusieurs éléments laissent présager une nouvelle hausse des effectifs dans les mois à venir. Comme chaque année, des inscriptions sont encore attendues durant l’été. Surtout, deux programmes immobiliers doivent être livrés entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027, représentant au total 93 nouveaux logements sur la commune, dont de nombreux appartements familiaux. L’école René-Cassin étant la seule école élémentaire publique de Gières, une partie des nouveaux habitants devrait logiquement y scolariser leurs enfants.
Des classes plus chargées dans certains niveaux
Les représentants des parents s’inquiètent des conséquences concrètes d’une telle situation sur les conditions d’apprentissage. Si les plafonds d’effectifs en CP et CE1 sont maintenus, la hausse du nombre d’élèves se répercuterait principalement sur les autres niveaux. Les classes de CE2 et de CM1 pourraient ainsi compter entre 28 et 30 élèves.
Au-delà de la question des effectifs, les familles mettent en avant les enjeux liés à l’inclusion scolaire. L’établissement accueille des élèves relevant du dispositif ULIS ainsi que de nombreux enfants présentant des besoins éducatifs particuliers. Selon les parents, l’accompagnement de ces élèves risque de devenir plus complexe dans des classes davantage chargées.
« Nous ne contestons pas un simple chiffre. Nous défendons les conditions d’apprentissage de tous les enfants et la capacité des enseignants à accompagner chaque élève dans de bonnes conditions », affirment les parents délégués.
La mobilisation s’organise
Face à cette situation, les familles demandent à l’Inspection académique et au rectorat de Grenoble de réexaminer leur décision et de maintenir les 15 classes de l’école René-Cassin.
La mobilisation est déjà engagée. Un groupe de discussion réunissant près de 200 parents a été créé. Une manifestation devant l’établissement a eu lieu vendredi en présence d’élus de la commune et de la députée Cyrielle Chatelain. Une pétition a également été lancée.
Pour les parents d’élèves, l’enjeu dépasse la seule question des effectifs : il s’agit de préserver la qualité de l’enseignement et l’égalité d’accès au service public d’éducation dans une commune en pleine évolution démographique.