À partir du 18 juillet 2025, Le Relais, l’un des opérateurs majeurs de collecte de textile, suspend ses activités sur le territoire métropolitain grenoblois. En cause : un modèle économique de plus en plus fragilisé et une répartition jugée injuste des financements. Grenoble Alpes Métropole se joint au mouvement pour alerter l’État sur l’urgence d’une réforme structurelle.
Une suspension inédite et une alerte forte
Le Relais, acteur historique du tri textile solidaire, a décidé de suspendre ses opérations sur le territoire de Grenoble Alpes Métropole à compter du 18 juillet 2025.
60 bornes textiles seront condamnées, dont 35 directement déployées par la Métropole. Cette décision radicale s’inscrit dans un mouvement national de contestation mené par plusieurs structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), inquiètes pour leur avenir.
Le Relais dans un communiqué publié mardi 22 juillet précise néanmoins que devant la mobilisation des collectivités il reprendra progressivement les collectes à compter du jeudi 24 juillet.
Une filière du réemploi textile en crise
Depuis plusieurs mois, les opérateurs de la filière (Le Relais, Emmaüs, La Remise, TriVallées) alertent sur la fragilité croissante du modèle économique de la collecte et du réemploi textile. En toile de fond :une chute des débouchés à l’export, notamment vers l’Afrique,l’essor de la fast fashion, qui inonde les marchés de vêtements à bas coût et faible qualité, et le développement du marché de la revente entre particuliers, qui réduit les dons aux associations.
Ces évolutions compromettent sérieusement l’équilibre financier des structures de tri et de réemploi, qui peinent à valoriser des textiles souvent usés, peu revendables, et coûteux à traiter.
Les opérateurs locaux veulent faire pression sur les autorités nationales, et notamment sur ReFashion, l’éco-organisme en charge de la Responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les textiles, pour qu’il durcisse ses mesures.
Des enjeux locaux : 200 emplois d’insertion menacés
Dans la Métropole grenobloise, 200 salariés en insertion sont directement concernés par cette crise. Au-delà de l’aspect environnemental, c’est donc aussi un enjeu social majeur pour le territoire.
Grenoble Alpes Métropole, qui s’appuie depuis 2024 sur quatre opérateurs solidaires, soutient la mobilisation de ses partenaires et appelle à une réforme structurelle de la filière textile en France.
Pourquoi continuer à trier ses vêtements ?
Malgré les tensions actuelles, la Métropole encourage les habitants à ne pas jeter leurs vêtements usagés à la poubelle. Le tri reste essentiel pour deux raisons majeures : un textile jeté avec les ordures est incinéré, générant pollution et gaspillage de matière. Or, même abîmé, un vêtement peut être recyclé ou valorisé. Et le traitement des déchets textiles via l’incinérateur pèse sur le budget public, donc sur le contribuable.

