La cour d’assises de l’Isère a condamné, vendredi, Laura Allami à quinze ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre, à l’issue de trois jours d’audience à Grenoble. Les jurés ont écarté la préméditation qui lui faisait risquer la perpétuité, requalifiant les faits initialement poursuivis comme une tentative d’assassinat.
Le 4 mai 2022, la jeune femme avait, selon les experts, tiré entre cinq et sept balles sur sa meilleure amie, dans un champ isolé à Champagnier, avant de la laisser pour morte. La victime, touchée à plusieurs reprises, avait survécu de justesse grâce à une intervention rapide des secours.
Lors des débats, le ministère public a évoqué un “acharnement”, estimant que l’accusée avait eu la volonté de tuer avant d’abandonner sa victime sans possibilité d’appeler à l’aide. Pour l’accusation, la scène traduisait une rupture violente entre deux jeunes femmes liées par une relation de dépendance affective.
La défense, elle, a plaidé l’absence de préméditation, soulignant la confusion et l’instabilité émotionnelle de la prévenue au moment des faits. Ses avocats ont insisté sur une prise de conscience progressive de la victime depuis son incarcération et sur le parcours personnel difficile de Laura Allami. Son frère Loïc, a fait plusieurs années de prison pour une tentative d’assassinat avant d’être à son tour victime d’un règlement de compte qui l’a laissé paralysé en 2021.
Reconnaissant avoir eu « l’idée de la tuer » pendant quelques secondes, mais niant toute planification, Laura Allami a été condamnée à quinze ans de prison, assortis de trois ans de suivi socio-judiciaire à sa sortie.