Une manifestation contre Shein et le BHV samedi à Grenoble

Annoncée puis repoussée à plusieurs reprises, l’ouverture du magasin Shein au sein du futur BHV (ex-Galeries Lafayette depuis le 13 novembre) n’aura finalement pas lieu cette fin de semaine à Grenoble. Mais l’annulation de l’événement n’a pas entamé la détermination de ses opposants, qui organisent un rassemblement samedi à 14h30 devant le magasin“déchu”de la place Grenette (photo).

Une exploitation du travail des enfants

Depuis plusieurs semaines, un large collectif réunissant organisations de jeunesse, militants écologistes, syndicats et associations locales dénonce l’arrivée du géant chinois de l’ultra fast fashion. Tous pointent un même constat : derrière les prix cassés, Shein incarnerait un modèle social et environnemental destructeur.

Les critiques portent d’abord sur les conditions de travail dans les chaînes de production. Le collectif rappelle l’exploitation présumée des Ouïghours, le travail d’enfants et des cadences pouvant atteindre 18 heures par jour. À cela s’ajoute l’impact environnemental colossal : 10 000 nouveaux articles mis en ligne chaque jour, dont la grande majorité finirait en décharge, ainsi que des tonnes de CO₂ émises annuellement — l’équivalent des émissions d’un pays comme le Portugal, soulignent les opposants.

Shein affirme compter 97 000 clients à Grenoble

La marque, dont le chiffre d’affaires mondial atteindrait 34 milliards d’euros en 2024, revendique pourtant une forte implantation locale, assurant compter près de 97 000 clients rien qu’à Grenoble. Une donnée qui ne suffit pas à apaiser les inquiétudes. Les critiques visent aussi la présence de substances toxiques, l’utilisation massive de fibres issues du pétrole ou encore la contribution aux microplastiques qui contaminent océans et sols. Face à ce modèle jugé“destructeur”et“incompatible avec l’identité grenobloise”, les organisations dénoncent un système d’ultra-consommation qui pousse à acheter toujours plus et toujours moins cher, au bénéfice d’une multinationale et au détriment de la planète.

Des solutions alternatives proposées

Pour contrer cette dynamique, militants et citoyens entendent promouvoir les alternatives locales : friperies, ressourceries, seconde main, ateliers de réparation, créateurs et artisans. Autant d’options“nombreuses et abordables”, selon Léonie Marcoux, co-secrétaire régionale des Jeunes écologistes. Samedi, une carte des alternatives responsables à Grenoble sera distribuée autour de la manifestation.

Partager cet article