La gigafactory de l’entreprise grenobloise Verkor inaugurée dans les Hauts-de-France

L’entreprise grenobloise Verkor a inauguré jeudi 11 décembre à Bourbourg (Dunkerque) sa première gigafactory de batteries lithium-ion bas carbone. Un site stratégique pour accompagner l’essor de la mobilité électrique et renforcer la souveraineté industrielle européenne. 

Une troisième usine de batteries pour la France

Après AESC à Douai et ACC à Douvrin, la France compte désormais une troisième usine de production de batteries pour véhicules électriques. Verkor, fondée à Grenoble en 2020, a officiellement lancé sa gigafactory de Bourbourg, dans les Hauts-de-France, en présence de membres du Gouvernement et d’élus locaux. L’installation vise une capacité initiale de 16 GWh/an, avec une montée progressive à 50 GWh d’ici 2030, ce qui positionnerait le site parmi les plus importants d’Europe.

Un investissement massif et un pari industriel

L’usine représente un investissement total de 1,5 milliard d’euros, financés par un consortium mêlant fonds publics (dont le plan France 2030), investisseurs privés et partenaires internationaux. Verkor a déjà sécurisé plus de 3 milliards d’euros depuis 2020 pour soutenir son développement à Dunkerque et pour son Verkor Innovation Centre (VIC) basé à Grenoble. À terme, la gigafactory doit permettre la création de 1 200 emplois directs et 3 000 emplois indirects. Déjà, 570 salariés travaillent sur le site dunkerquois, auxquels s’ajoutent 500 employés du siège grenoblois.

Grenoble ↔ Dunkerque : un binôme industriel

Le Verkor Innovation Centre reste le cœur technologique de l’entreprise. C’est là que sont conçues et testées les futures générations de cellules, chimies et plateformes. En deux ans, Verkor a industrialisé ses procédés, validé une cellule haute performance et transféré ses innovations vers la gigafactory de Bourbourg. La ligne pilote du VIC, opérationnelle 24/7, a produit des dizaines de milliers de cellules, permettant à l’entreprise de sécuriser ses processus avant le passage à l’échelle industrielle. La production de modules à partir des cellules du VIC a déjà débuté. La fabrication des premières cellules sur place est annoncée comme opérationnelle.

2026 : les premières batteries sur la route

La mise en production industrielle est prévue pour 2026, avec des batteries destinées notamment à la future Alpine A390.
Verkor vise un rythme de croisière permettant d’alimenter 300 000 véhicules électriques par an d’ici 2027. Lors de l’inauguration, Emmanuel Macron a salué un « symbole de la réindustrialisation française », rappelant que l’essor des gigafactories conditionne la souveraineté énergétique et technologique de l’Europe.

Ce lancement intervient alors que la Commission européenne doit arbitrer prochainement sur la trajectoire de fin de vente des véhicules thermiques en 2035. Une décision qui pourrait impacter l’ensemble de la filière électrique. Paris défend pour sa part le maintien de l’objectif afin de consolider les investissements déjà engagés dans la “vallée de la batterie” des Hauts-de-France.

Des projets d’extension déjà envisagés

À peine inaugurée, la gigafactory pourrait s’agrandir : deux nouvelles usines de 15 hectares chacune sont à l’étude, selon un dossier déposé auprès de la CNDP. Ces extensions représenteraient 2 milliards d’euros supplémentaires et seraient également situées sur la commune de Bourbourg.

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