Visite du ministre de l’Éducation nationale à Grenoble : santé mentale et laïcité au cœur des priorités scolaires

En déplacement ce vendredi 12 décembre dans l’académie de Grenoble, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a visité les lycées Pablo-Neruda à Saint-Martin-d’Hères et Louise-Michel à Grenoble. Une journée dédiée à deux priorités qu’il entend renforcer : la santé mentale des élèves et la laïcité.

Le collectif comme réponse aux fragilité

Le ministre explique avoir constaté “avec parfois une réelle émotion” que les élèves en difficulté psychique s’en sortent rarement seuls. “En réalité, c’est le collectif qui apporte la réponse”, affirme-t-il, évoquant les jeunes qui lui ont raconté avoir été “un peu sauvés parce qu’il y avait l’infirmière, le professeur, la cheffe d’établissement, un espace de répit…”.

Pour lui, la santé mentale des adolescents repose autant sur des dispositifs que sur l’environnement éducatif. “Nos élèves ont besoin d’être ancrés dans une République, dans des valeurs, dans une collectivité”, insiste-t-il, rappelant que l’École est ce lieu où “une communauté les soutient, les instruit et les protège”.

Des espaces d’écoute pour rompre l’isolement

Au cours de sa visite, le ministre a mis en avant les dispositifs d’écoute et de répit mis en place dans les lycées, des lieux où les élèves déposent leur téléphone pour “se déconnecter” avant d’échanger entre eux ou avec des professionnels. “Aujourd’hui, il faut à la fois rompre l’isolement du jeune et organiser l’écoute”, souligne-t-il.

La question des écrans et des réseaux sociaux, omniprésente dans les discussions, l’a conduit à afficher une position sans ambiguïté : “Un jeune de moins de 15 ans n’a pas vocation à aller sur un réseau social.” Il soutient toute mesure allant dans le sens d’une interdiction, estimant que l’âge moyen d’entrée sur les plateformes, “8 ans aujourd’hui”, est “inacceptable”.

La laïcité, un cadre pour former des citoyens libres

La promotion de la laïcité constituait l’autre grand axe de ce déplacement, notamment dans à Louise Michel qui a connu par le passé des tensions sur cette question. Pour Édouard Geffray, la laïcité n’est rien d’autre que le socle rendant possible la devise républicaine. “Quand il y a marqué liberté, égalité, fraternité à l’entrée d’un établissement, c’est rendu possible par la laïcité”, insiste-t-il.

Le ministre refuse de réduire les élèves à leurs appartenances religieuses ou culturelles. “La question, quand je rentre dans une classe, ce n’est pas de savoir si j’ai des élèves musulmans, chrétiens, juifs, athées ou bahaïs”, tranche-t-il. “Ce sont des enfants de la République que je fais progresser.”

Selon lui, les jeunes rencontrés ce vendredi ont parfaitement intégré ce message : “Quand on explique, ils comprennent et sont capables de faire vivre cet héritage.” Mais il prévient : “Il y a des instrumentalisations, notamment sur les réseaux sociaux.” D’où l’importance d’un travail “de tous les jours”.

Un sentiment de fierté chez les élèves

Du côté des équipes pédagogiques, la venue du ministre a suscité un véritable enthousiasme. Véronique Ghiglione, proviseure du lycée Louise-Michel, raconte avoir vu de nombreux adolescents demander des selfies : “Ça montre combien ils sont conscients de l’organisation de la République.” Elle y voit aussi une reconnaissance du travail mené en interne : “Nous étions fiers de parler de quelque chose que nous avons mis en place et qui fonctionne.”

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