Depuis ce lundi 2 novembre, le stationnement payant gagne du terrain à Grenoble. Deux nouveaux secteurs sont concernés, aux Eaux-Claires et autour du boulevard Clemenceau. Une mesure qui suscite la colère de certains habitants et professionnels.

Même si elles représentent encore 50 % des emplacements disponibles, les places de stationnement gratuites disparaissent petit à petit. Et ce n’est pas lié au réchauffement climatique comme pour nos glaciers. Après les quartiers Chorier-Berriat en 2023 et l’Île Verte en 2024, la municipalité poursuit l’extension du stationnement payant. Depuis ce lundi 2 novembre, 1 080 places supplémentaires sont concernées dans deux secteurs de la ville.

Aux Eaux-Claires, 460 places deviennent payantes, notamment dans les rues comprises entre le boulevard Joseph-Vallier et la rue Guynemer. Dans le secteur Clemenceau, 620 places sont concernées, notamment boulevard Clemenceau et dans les rues Jules-Ferry, Lumière, Ravier et Louis-Lachat, à proximité du Stade des Alpes et du Palais des Sports.

stationnement payant (panneau) secteur clémenceau

Jusqu’à 10,50 € la journée

Ces nouvelles places passent en zone verte, avec un stationnement payant du lundi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h. Le tarif est fixé à 2 € pour une heure, 4 € pour deux heures et 10,50 € pour huit heures. Le stationnement reste gratuit entre midi et 14 h, ainsi que les dimanches et jours fériés. Les habitants éligibles peuvent bénéficier d’un abonnement résident à 12 € par mois.

Pour justifier cette extension, la municipalité explique répondre aux sollicitations d’habitants rencontrant des difficultés pour stationner à proximité de leur domicile. L’objectif affiché est de favoriser la rotation des véhicules et de limiter les voitures qui restent immobilisées plusieurs jours sur les mêmes emplacements.

contrôle stationnement ville de Grenoble
Environ 100 000 PV dressés chaque année à Grenoble.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Mais la mesure a aussi évidemment ses détracteurs. Dans le secteur Clemenceau, des riverains soulignent notamment que les difficultés de stationnement se concentrent surtout les soirs de match au Stade des Alpes ou lors des événements au Palais des Sports, des périodes qui ne correspondent pas aux horaires payants.

Le groupe d’opposition Réconcilier Grenoble critique une politique qu’il juge pénalisante pour les habitants et les commerces de proximité. Il demande la suspension de cette nouvelle extension et l’ouverture d’une véritable concertation avec les riverains, les unions de quartier et les professionnels concernés.

Voiture LPI contrôle stationnement Grenoble
Une voiture équipée de caméras pour contrôler le stationnement.

Des contrôles désormais renforcés

Une pétition a été lancée à la mi-octobre pour dénoncer une décision « anti-démocratique et anti-sociale« . Cette pétition, relayée par le Club de Médiapart, a pour l’instant recueilli moins de 300 signatures ce qui laisse penser que le sujet suscite finalement peu d’opposition.

Cette extension intervient alors que Grenoble a également modernisé son dispositif de contrôle du stationnement. Depuis le 5 octobre, deux véhicules équipés de caméras de lecture automatisée des plaques d’immatriculation sillonnent les rues pour repérer les véhicules ne disposant pas d’un droit de stationnement valide.

À Grenoble, le montant du PV pour défaut de paiement du stationnement est de 35 €. Avec environ 100 000 contraventions dressées par an, ce sont théoriquement près de 3,5 millions qui devraient rentrer dans les caisses de la ville. Mais tout le monde ne paie pas ses amendes…