Les élus grenoblois ont décidé ce mercredi 28 octobre de retirer à Allan Brunon la présidence de la commission des finances de la Ville. Une décision qui intervient après plusieurs mois de tensions entre la majorité municipale et le chef de file de La France insoumise.

C’est une nouvelle étape dans les relations tumultueuses entre Laurence Ruffin et Allan Brunon. Ce mercredi 28 octobre, l’élu insoumis a été démis de ses fonctions de président de la commission des finances de la Ville de Grenoble, une responsabilité qu’il occupait depuis le 13 mai dernier.

Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par une succession de polémiques impliquant le jeune chef de file grenoblois de La France insoumise qui depuis son arrivée sur la scène politique locale a adopté une stratégie de conflictualisation presque systématique des dossiers.

Une nomination déjà polémique

La présidence de la commission des finances avait été confiée à Allan Brunon quelques semaines après les élections municipales de mars. Cette nomination s’inscrivait dans le prolongement de l’accord électoral conclu entre la liste de Laurence Ruffin et celle de La France insoumise qui avaient fusionné pour le second tour.

Dès l’origine, cette désignation avait suscité de vives critiques de l’opposition municipale, de droite qui dénonçait les contreparties politiques de cette alliance. Six mois plus tard, la rupture semble consommée entre les deux responsables de gauche, dont les relations n’ont cessé de se dégrader depuis le début du mandat notamment sur la gestion du conflit israëlo-palestinien.

manifestation palestine LFI Brunon
Le jumelage entre Grenoble et la ville israélienne de Rehovot cristalise les tensions au sein de la gauche grenobloise.

Une succession d’affaires

Depuis plusieurs mois, Allan Brunon est au centre de plusieurs controverses. En juillet, son intervention avec ses militants pour faire annuler le concert de l’artiste Barbara Butch invitée du Cabaret Frappé avait provoqué de nombreuses réactions.

Fin septembre, de nouveaux incidents avaient éclaté à l’entrée du conseil municipal de Grenoble, opposant des élus insoumis à des policiers municipaux. Des faits qui avaient conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire et à une condamnation publique de la maire, Laurence Ruffin, dénonçant une montée de la violence chez Allan Brunon.

altercation LFI policier municipaux
Altercation entre élus insoumis et policiers municipaux le 29 septembre

L’éviction devenait inévitable ?

Le président du groupe d’opposition Réconcilier Grenoble, Clément Chappet, avait alors réclamé son éviction de la commission des finances, estimant que son maintien à cette fonction n’était plus acceptable au regard des violences subies par des agents municipaux.

En retirant cette responsabilité à Allan Brunon, l’équipe de Laurence Ruffin fait preuve d’autorité face à son ancien allié ce qui n’avait pas été forcément le cas depuis le début du mandat. Le poste a été proposé (sous forme d’un vote) à deux autres élus LFI qui ont refusé, préférant rester fidèle à leur président de groupe.

La présidence confiée à la droite ?

Une décision qu’a regrettée Laurence Ruffin qui s’était engagée « dans le respect du pluralisme politique et des engagements pris auprès d’Anticor » à confier la présidence de cette commission stratégique à un élu de l’opposition.

« Je demanderai prochainement aux co-présidents et présidents de groupes de proposer des solutions qui permettront à la fois la parité et le portage de cette co-présidence par l’opposition » a expliqué la maire. Mais faute de candidat insoumis, on voit mal comment le poste ne pourrait pas revenir à un élu de l’autre groupe d’opposition présidé par Clément Chappet.

Une situation qu’Allan Brunon dénonce en estimant que Laurence Ruffin a cédé aux demandes des carignonistes après avoir déjà cédé, selon lui, aux demandes du Rassemblement national sur l’épisode de la réunion « révolutionnaire ». Les communiqués des trois groupes politiques qui composent le conseil municipal sont accessibles en intégralité à la fin de cet article.

Reste à savoir quelles seront les conséquences de cette éviction sur les relations entre la majorité municipale et les élus insoumis. Mais ces relations peuvent-elles encore vraiment empirer ?